mercredi 23 juin 2010

Sag mir wo die Blumen sind.


Les États-unis sont dans leur huitième année de guerre en Afghanistan (and more to come).  En Irak qu'ils n'ont toujours pas quitté,  ils ont perdu plus de 4.400 hommes (leave alone iraqi civilians) et les attentats continuent. It seems like all this Iraqi stuff belongs to the past for most American MSM. Let's be positive and look forwards!  

L'attention des medias américains se concentre ces jours derniers sur l'Afghanistan (more than 1.000 casualties, leave alone afghani civilians) après des déclarations, tenues à Paris au magazine Rolling Stones par le Général McChrystal, commandant en chef des armées américaines en Afghanistan.

Déclarations qui ont légitimement déplu à la Maison Blanche où a été convoqué McChrystal pour une mise au point avec Obama.

Une affaire essentiellement politique et même constitutionnelle: McChrystal est R. aux ordres d'un président D. et surtout il a tenu des propos vis à vis du commander in chief qui ne seraient tolérables dans aucun pays au monde.

Pour ceux qui ont de la mémoire, c'est de cette façon que Mc Arthur s'était fait sortir par Truman parce qu'il voulait lâcher quelques dizaines de bombes atomiques sur la Chine durant la guerre de Corée. Ah ces militaires, quels boutes en train...

Le Los Angeles Times, le New York Times (et ici encore), CBS et toutes les chaînes de télé traitent bien évidemment le sujet, tout ce qui se rapporte à la chose militaire relevant presque du sacré aux US. En l'occurrence il en serait de même partout ailleurs.

Rien là que de très normal, un général ça ferme sa gueule ou ça démissionne.

Quel que soit le remplaçant de McChrystal malheureusement, rien ne changera et les États-Unis, le Pentagone disons et tous les lobby militaro-industriels, continueront à alimenter cette chimère que la guerre sera gagnée (what it may mean we won't know) comme elle l'a été (croient sans doute nombres d'Américains) en Irak.

La seule voix discordante que je connaisse (il doit y en avoir d'autres tout de même), c'est celle de Bob Herbert du New York Times qui s'était également opposé à la guerre d'Irak.

Une voix dans le désert hélas parce qu'il en faut bien une.

Mais qui croit encore que cette guerre servira à quoi que ce soit et sera "gagnée" à part les Américains et les Brits?

L'opinion européenne est globalement contre mais la propagande belliciste et (évidemment) mensongère obtient cependant des résultats puisqu'un pourcentage très important d'Européens croit vraiment que la sécurité du monde (et la leur donc) est en jeu en Afghanistan et qu'il faut continuer à y envoyer des troupes et du matériel.
Faut-il rappeler les déclarations de Kouchner en mars dernier quand quelques militaires français avaient été tués là-bas mais qu'ils étaient morts pour la liberté du monde? Et H. Morin, notre généralissime Tartarin, qui ne peut faire autrement que d'abonder dans le sens des fauteurs de guerre...

Et tout ça parce qu'un crétin, un seul, fondé de pouvoir des industries militaires américaines avait le pouvoir de déclencher 2 guerres aussi imbéciles (elles le sont toutes) que celles qu'ont commises les hommes depuis toujours.

Le cerveau reptilien est toujours présent et agissant chez ceux qui ont le plus de pouvoir. 

(Et cela fait des années que l'on nous prépare à un affrontement avec l'Iran... cf. les déclarations de Kouchner le matamore il y a 2 ans)

mardi 22 juin 2010

We have the money!





Considérons la liste des 10 milliardaires français, patrimoine privé de personnes physiques donc, et après une rapide addition (ça je sais tout de même faire) nous obtenons un solde de plus de 50 milliards d'euros (les chiffres sont donnés en dollars).

Déficit prévu de la Sécurité sociale pour 2010: Quelque chose comme 30 milliards d'Euros.       

Cela revient à dire que 10 personnes sur 62 millions de citoyens français possèdent à elles seules près du double de la somme nécessaires au renflouement du déficit de notre système national d'assurance maladie.

Il ne s'agit pas de dépouiller ces malheureux du fruit de leur dur labeur et de décennies d'économies, nous ne sommes pas dans un système confiscatoire. Mais tout de même on peut remarquer qu'il semble y avoir un "certain" déséquilibre dans la répartition des richesses nationales.

Parce que tout cet argent vient bien de quelque part, que ce soit les plus-values réalisées par le travail concret et effectif des milliers de salariés des entreprises possédées par ces petits rentiers ou par les rendements des investissements sur les marchés financiers du monde entier.

Si certains, Bernard Arnaud je crois, investissent dans l'art contemporain et ouvrent un musée à Venise (parce que les politiques français n'ont pas été foutus de s'entendre sur les projets d'aménagement de l'île Seguin aux portes de Paris)  ou comme Mme. Bettencourt financent un centre de recherche médical à Paris c'est bien; il reste cependant du blé (de l'oseille en quelque sorte) au fond du grenier. 

Il y a quelque chose de pathologique dans ce besoin d'accumuler de l'argent, toujours et encore plus et d'essayer d'en soustraire le plus qu'il se peut au fisc. Freud a écrit ce qu'il y avait à en comprendre il y a un siècle.

Et c'est universel cette pathologie. L'Ancien testament en parle déjà mais je ne retrouve pas la citation. De mémoire, plus on en a plus on en veut et l'on perd le sens des vraies valeurs (quelque chose dans ce goût-là) 

Une autre figure du homo homini lupus...

lundi 21 juin 2010

Passiflores et preuve physico-théologique


J’ai la chance de bénéficier d’une petite surface de toit (environ 20 m², c’est pas mal à Paris) sur lequel j’entretiens quelques fleurs et plantes.

Il y a quelques années j’ai acheté, sans savoir ce que c’était et ce que cela pouvait produire, 2 plants de passiflores.

La première année j’ai vu une branche principale s’étendre sur 5 mètres sans produire de fleurs. Qu’était-ce donc que cette plante ? La deuxième année j’ai vu les fleurs et j’ai en ai été émerveillé !

Jamais je n’avais observé chez une fleur pareille architecture et sophistication dans l’organisation des tiges, étamines, pétales, pistils, couleurs, finesse, délicatesse etc.

Cliquez sur les photos et agrandissez pour juger par vous-mêmes. Une image 3D serait plus parlante encore à moins que vous ne connaissiez déjà les passiflores.

C’est une fleur très éphémère puisque elle vit environ 36 heures et se referme en quelques heures. J’en ai souvent vu s’ouvrir et déployer ses feuilles en 2 minutes tout au plus. C’est tout à fait remarquable de considérer dans le même instant la fragilité de cette fleur et l’irrésistible force qui pousse le bouton à éclore pour une vie qui sera si brève. 

La passiflore est une fleur merveilleuse comme sont presque toutes les créations du règne végétal. Elles sont belles bien évidemment parce que nous les jugeons telles (cf. Critique de la faculté de juger).

Et on pourrait s’étonner que la nature soit capable de produire une création d’une si extraordinaire complexité pour la laisser mourir quelques heures après que soit advenu le temps de sa plénitude.  Il y a de longs et beaux développements sur ce thème chez Schopenhauer.

Well, all things must pass…

Bon, et la preuve physico-théologique dans tout ça vous demandez-vous ?

Pour la définition je cite Wiki :

La preuve physico-théologique repose sur l'observation des causes finales :

1. tout ce qui contient des fins est l'œuvre d'une intelligence ;
2. or le monde contient des fins: êtres organisés, beauté de la nature, fait que les produits de la nature soient destinés à l'homme;
3. donc il existe une intelligence supérieure à l'origine du monde (Dieu).

Il y a aussi un petit article (auquel j'ai ajouté un paragraphe) sur cette "preuve" à laquelle n’ont plus recours que les intégristes mais qui a disparu des préoccupations de la philosophie depuis Kant précisément.

La preuve physico-théologique suppose une fin à toute chose. Quelle est la fin de la passiflore si ce n’est d’apparaître et de disparaître ?

- A) Première erreur du syllogisme contenue dès la majeure qui postule que tout ce qui contient des fins est l'œuvre d'une intelligence. Il faudrait démontrer cela. Pétition de principe sans aucune valeur. On est bien loin de la rigueur des propositions logiques, des axiomes ou des postulats mathématiques et géométriques.

- B) Deuxième erreur avec la mineure qui postule que le monde a une fin. Ah bon? Mais il faut le prouver cela. Encore une pétition de principe!


Pour reprendre les critères énoncés dans la mineure de la pseudo preuve :

1°) La passiflore est organisée certes,
2°) Elle est belle, non pas en soi mais dans le regard que nous portons sur elle. (Quid des aveugles d’ailleurs ?).
3°) En quoi nous est-elle destinée ?

- C Quelle autre conclusion attendre d’un syllogisme aussi pré formaté pour aboutir au résultat que l’on veut obtenir ?

La passiflore est sa fin à elle-même comme tous les phénomènes que nous pouvons observer, y compris nous-mêmes.

A quelles contorsions mentales philosophes et théologiens ne se sont-ils pas livrés pour étayer leurs superstitions en un dieu singulier et personnel?

Quoiqu'il en soit, qu'ils laissent mes passiflores tranquilles et à l'abri de leurs divagations! 












Mon "jardin" au temps de sa splendeur. Il n’en reste presque rien à présent hélas.

dimanche 20 juin 2010

AB² + AC² = BC² et ma liberté

- Que les mathématiques trouvent leur origine dans l'idéalité du temps qui est une forme a priori de notre sensibilité, je le comprends bien je crois.

Il a 20.000 ans ou plus, les hommes de Cro-Magnon ont bien dû, sur une très longue période, élaborer les fondements de l'arithmétique en observant la régularité des cycles journaliers, lunaires puis annuels.

Chaque nouveau jour doit avoir entraîné la notion de l'unité qui suit une unité semblable et ainsi de suite. De là l'opération la plus simple: l'addition.

Une fois ce résultat fondamental acquis, on imagine que les 3 autres opérations de base se sont développées naturellement puisqu'elles étaient latentes en nous, puis cet instrument numéral acquis, les chiffres sont devenus nombres et sont apparus des concepts mathématiques (et non plus de simples observations fortuites car empiriques) de plus en plus élaborés donnant naissance à un univers dont l'exploration semble ne jamais devoir connaître de fin. 

Un univers qui a ses lois intangibles et rigoureuses qui sont les garanties de la validité de cet univers.

Et tout cela à l'origine par l'observation de l'inflexible régularité des jours et des nuits.
- Pour la géométrie, il me semble que son origine est autrement plus idéale encore puisqu'elle ne trouve pas son origine dans l'observation empirique du monde mais bien dans notre pure et innée capacité conceptuelle. D'où viennent les notions de cercle, triangle, carré qui sont, je crois, les premières figures géométriques que l'homme ait élaborées et qui n'existent pas dans la nature?

Cela est tout de même vertigineux que ces notions n'aient pas d'autre origine que notre pure sensibilité (au sens kantien bien sûr). C'est ainsi, je dois l'accepter que je le comprenne intimement ou non.

Mais ce qui véritablement me laisse abasourdi c'est Le théorème de Pythagore qui démontre une vérité spatiale absolue. Cela est pour moi de l'ordre de l'incompréhensible. Non pas le théorème lui-même (encore que) mais le fait qu'une telle propriété semble avoir existé avant même l'existence de l'homme, comme s'il avait fallu que l'homme apparût pour la mettre au jour.

AB² + BA² = BC², c'est plus extraordinaire encore que pi (3,14159 etc.) qui n'est jamais qu'une approximation, universellement valable certes, mais approximation tout de même.

Même processus pour la géométrie que pour les mathématiques donc. Des concepts se sont formés qui se développent à l'infini, découvrant à chaque nouvelle avancée des propriétés presque "magiques". 

Mon niveau personnel dans ces matières n'est guère supérieur à celui d'un âne savant, il me permet cependant "d'imaginer" (parce que je sais qu'elles existent tout en les ignorant) les mille et une merveilleuses propriétés de ces 2 univers spatio-temporels.

Peut-on dire qu'en découvrant ces propriétés inhérentes au produit de sa nature potentiellement raisonnable, l'homme ne fait que projeter dans le monde réel, celui où il vit, un univers intellectuel qui n'est in fine qu'un moyen de comprendre ou du moins d'appréhender l'univers où il n'est que de passage?

Par les mathématiques et la géométrie qui sont des univers virtuels, l'homme ne s'est-il pas constitué un univers parallèle qui lui appartient à lui seul et qui, outre qu'il sert à comprendre le réel qui l'entoure et le submerge, le rassure aussi sur la légitimité de son existence dans un monde incompréhensible sans cela?

Par les mathématiques et la géométrie, l'homme se retrouve lui-même en lui-même puisque les lois et  propriétés de ces deux disciplines émanent bien de son cerveau. Ce serait comme une œuvre de dés-aliénation vis à vis du monde qu'auraient opéré les hommes en développant les virtualités de leurs capacités mentales.


Mathématiques et géométrie comme instrument de notre liberté?

Hmmmm... C'est une tout autre question je crois.

vendredi 18 juin 2010

Je t'aime, moi non plus.

Je connaissais les Ashkénazes et les Séfarades mais j'ignorais qu'ils ne pouvaient pas se blairer (du moins certains d'entre eux). 

J'apprends donc qu'il y a des exigences des Ashkénazes par rapport aux Séfarades qui ressemblent comme 2 gouttes d'eau à l'apartheid sud-Africain d'il y a peu ou au ségrégationnisme américain jusqu'en 1964.

Et ils ne sont nullement ultra minoritaires, l'article nous dit qu'ils représentent à peu près 700.000 personnes soit 10% de l'ensemble des Israéliens. Lesquels préférez-vous? Les orthodoxes? Les super orthodoxes?  Les maxi orthodoxes ou les plus orthodoxes que moi tu meurs?

On aura bien du mal à me convaincre qu'il ne s'agit pas d'évadés des asiles d'aliénés de tout le pays.

Le New York Times reprend l'info. Extrait:
This latest battle in Israel’s simmering culture war, pitting ultra-Orthodox Ashkenazim of European origin against their slightly less stringent ultra-Orthodox Sephardic peers from Arab and North African backgrounds, has raised accusations of racism on one side and infringement of religious freedom on the other.

Il y a donc les ultra orthodoxes et les légèrement moins ultra... Genre islamistes et islamistes modérés.

Et il paraît qu'il y a des extrémistes palestiniens, afghans voire pakistanais...

C'est chouette toutes ces religions de paix, d'amour et de tolérance. Vive les monothéismes!

Il ne manque plus qu'une bonne guerre civile entre eux et la situation des Balkans au début du XXè siècle paraîtra claire comme de l'eau de roche par rapport au Moyen Orient.

Desproges disait que l'ennemi est idiot parce qu'il pense que l'ennemi c'est nous alors que l'ennemi c'est eux.  Et c'est valable aussi pour le peuple élu alors?

Bon et bien la journée s'annonce bien pour l'ultra athée que je suis...

(En gros, qu'ils s'entretuent, Chrétiens, Musulmans, Juifs et le monde ne s'en portera que mieux)

mercredi 16 juin 2010

Le Temps n'est pas, nous sommes le Temps.



J’observe une très intéressante distinction entre la façon dont différentes langues européennes expriment leur rapport au Temps. D’autant plus intéressante qu’il n’y a pas de différence entre pays latins et nordiques.

Que ce soit en allemand, anglais, suédois, norvégien, danois, portugais, espagnol, italien, polonais, hongrois, arabe ou chinois il se dit :




Heute ist Freitag,
Today is Friday
I dag är det fredag    (suédois)
I dag er fredag         (norvégien et danois)
Hoje é sexta-feira     (portugais)
Hoy es viernes         (espagnol)
Oggi è Venerdì        (italien)
Dzisiaj jest piątek     (polonais)
Ma péntek van         (hongrois)
 اليوم هو يوم الجمعة
今天是星期五           (chinois)

L'arabe et le chinois utilisent également la forme où c'est le Temps qui est sujet actif.

Et si le chinois attribue ainsi une existence au Temps, il en va très certainement de toutes les langues asiatiques.

Dans toutes les langues mentionnées, c’est l’auxiliaire "Être" qui est utilisé et appliqué au Temps. C'est-à-dire que dans toutes ces langues c’est le Temps qui est comme serait un existant, un sujet doté d’attributs qui nous imposerait sa présence en s’auto désignant.

Autrement formulé, dans ces langues c’est le Temps qui me dit qu’il (le Temps) est vendredi tel jour ou mercredi tel autre jour. Comme un attribut du sujet qui peut connaître des accidents qui l’affectent de façon contingente mais n’altèrent pas sa nature essentielle d’Être réel.

C’est tout à fait l’inverse en français puisque "nous sommes vendredi", "on est vendredi" ce qui signifie que nous nous identifions au temps qui n’est pas un sujet réel et existant mais bien la forme a priori de notre sensibilité. Ce n’est pas un concept, encore moins un sujet agissant qui nous impose ses conditions mais bien un idéal qui n’appartient qu’à nous parce que c’est de nous qu’il émane.

Le français se singularise-t-il dans l’univers des langues par sa façon d’exprimer le rapport au Temps des locuteurs de cette langue ? Je n’en sais rien mais du point de vue philosophique c’est le français qui "est dans le vrai", on le sait depuis 1781 et la parution de la Critique de la Raison Pure (CRP pour les habitués…).

Toutes les langues qui expriment que le Temps est font erreur. Le Temps n’est pas en soi, le Temps c’est nous.

Cela peut paraître anecdotique et insignifiant, cela ne l’est en aucune manière au contraire.

Il est en effet impossible que les mentalités collectives, les modes de pensée et de raisonnement ne soient pas affectés et donc déterminés par la façon dont est conçue le Temps. Cela appelle de longs développements qui doivent bien exister quelque part, on n’est jamais seul à avoir une idée. Après il faut être capable de la développer…

On remarquera que la langue française rentre dans le rang à un "moment" donné si je puis dire puisque à l’instar des langues considérées nous disons bien "il est 5 heures". Le Temps dans ce cas nous impose son existence et sa présence : Je suis 5 heures nous dit-il.

En revanche pour exprimer "nous sommes en mars" ou "nous étions en 1985" c’est l’appréhension française du Temps qui est utilisée.

Wir werden im März  
We are in March
Vi är mars
Vi er mars
vi er marts
estamos março
estamos marzo
Siamo marzo
vagyunk március

5 niveaux progressifs dans les strates du Temps tel que nous nous le représentons (et non pas tel qu’il se présente à nous).

- L’heure : Seule exception à la règle du français puisque nous disons : il est 5h 47.
- Le jour : nous sommes vendredi
- Le mois : nous sommes en mars
- L’année : nous sommes en 2010 
- Le siècle présent : nous sommes au XXI siècle
- Le siècle passé : nous étions au XX siècle (un siècle que nous avons tous connu)
- Les siècles passés : Fausse exception : c’était au XIè avant J.C.

Cela peut s’expliquer : plus personne n’est concerné, il s’agit là du rappel d'un événement et non de notre relation personnelle (passée, présente ou future) au Temps lui-même.

Pour résumer, en français seulement nous sommes sujets agissants du Temps auquel nous nous identifions alors que dans les autres langues c'est le Temps qui est sujet agissant sur ses locuteurs. Radicale inversion sujet/objet qui renverse absolument notre perception de nous-mêmes à nous-mêmes sans que nous en ayons conscience bien sûr.

Notre expression verbale du rapport au Temps ne peut pas ne pas avoir une influence sur notre mode de pensée et les conséquences qui en découlent relativement au développement de notre rapport au monde.

Il y a maints prolongements à envisager aussi bien relativement au langage qu’à la psychologie et cela nous concerne tant personnellement que collectivement. 

Le sujet est inépuisable à dire vrai...

Rappelons que le titre de l'ouvrage majeur de Heideger est l'Être et le Temps. Mais cela nous emmène très loin...


mardi 15 juin 2010

416.361

416.361 c'est le nombre de voix obtenues par le Nouveau Centre de Hervé Morin aux dernières législatives (2007). Je me suis demandé comment plus de 400.000 personnes avaient pu voter pour le parti de cet ectoplasme jusqu'à ce que je comprenne qu'il s'agissait ni plus ni moins d'électeurs de droite là où l'UMP avait laissé des places vacantes pour ses supplétifs (oui, je suis assez lent...).

En plus ils ont du boulot  les membres de la direction nationale si l'on en juge par l'organigramme. Oui, il faut bien en avoir un pour ressembler à quelque chose.

On le voit c'est sérieux, de l'emploi à plein temps certainement pas largement rémunéré. A propos de rémunération, le financement de ce parti ne semble pas des plus clairs si l'on en croit cet article.

Bon, de la politique comme l'art de gagner sa vie sur le dos de ses concitoyens, en passant d'un parti à l'autre selon les circonstances, quitte à créer son groupuscule, rien de nouveau sous le soleil...

Le chef (réélu à 93% lors des dernières élections internes) a compris très jeune quel destin national l'attendait puisqu'il entre en politique à 26 ans, sitôt ses études terminées. Il est originaire d'une famille d'entrepreneurs paraît-il mais cela demande du travail et c'est pas son truc à Morin. Alors la politique c'est l'autre possibilité de l'alternative.

Le parti revendique quelque 8.000 adhérents. On imagine les entourages respectifs des "dirigeants", les employés communaux des mairies ou conseils généraux dirigés par les élus (Assemblée et Sénat) en échange d'aménagements de carrière pour la valetaille, on ajoutera les membres des familles des uns et des autres et après tout il est bien possible que le total aboutisse à 8.000 adhérents.

Apport à la collectivité? Nul! Coût pour la collectivité? Pas insignifiant. Quant à l'argument que c'est un plus pour la démocratie que d'avoir toutes les sensibilités politiques représentées, il y a des coups de pied au c. qui se perdent.

(La photo représente des parasites intestinaux. C'est toujours plus agréable à voir que la tête du chef. En plus cette comparaison est politiquement pédagogique...) 

samedi 12 juin 2010

Contre Alzheimer

Il paraît que le cerveau étant un muscle «comme un autre» la meilleure façon de le préserver d’une usure prématurée devant mener à Alzheimer est de le faire travailler régulièrement. A ce compte-là je suis bien prémuni contre ladite dégénérescence compte tenu du nombre de grilles de Sudoku que je remplis par jour…
Oui, je le confesse, je suis un accroc de la grille pour obsessos…
On ne s’arrête évidemment pas aux grilles où il suffit de remplir les cases, non, je ne tente que les « ardues », « experts » et autres « diaboliques »
Ce qui me fascine dans ce jeu c’est le lent travail de reconstitution qui ne peut procéder que par une voie qui se fait de plus en plus étroite. Il faut trouver, dès les premiers chiffres posés, la clef, le chiffre qui permettra d’en placer un ou deux autres avant de se trouver de nouveau face à une nouvelle difficulté, à un nouveau blocage. Très rapidement il n’y a plus qu’un chiffre et un seul qui conditionne l’accès à tous les autres. A chaque étape de ce travail de reconstitution, l’ensemble visé in fine dépend d’un seul élément. 
Un micro univers, une unité, sorte de monade leibnizienne virtuelle dont la réalisation est à chaque instant suspendue à la découverte -ou non- d’une sorte de chaînon manquant.
Le hasard n’a pas sa place ici, le but n’étant pas de compléter la grille de quelque façon que ce soit bien sûr mais selon la plus fine des approches, à l’issu d’un travail d’anticipation et de placements fictifs et provisoires de tel ou tel chiffre en telle ou telle case.
Ainsi la reconstitution finale représente t-elle l'aboutissement de reconstitutions provisoires de quelques 5 ou 6 chiffres qui permettent d’en placer un à coup sûr, quitte à démonter l’installation provisoire qui aura permis de remplir définitivement une ou deux cases. Après quoi on recommence le même processus de construction éphémère en un autre endroit de la grille avec, on l’espère, le même résultat. Encore faut-il savoir où et comment entamer cette éphémère reconstitution partielle…
A la fin, la grille sera ou ne sera pas recréée. Elle restera une virtualité ou se sera réalisée en un ensemble parfait qui semblera n’avoir attendu que moi pour accéder à l’Être. Puisqu’il existe x milliards de grilles possibles, il est quasi impossible qu’une quelconque grille générée informatiquement sorte deux fois sur un écran d’ordinateur.
Il y a toujours une solution et une seule bien évidemment. Le chemin est déjà tracé, il faut le retrouver contrairement aux échecs par exemple où il n’y a pas de solution ultime en attente d’être révélée, où il s‘agit d’un repositionnement permanent avec en permanence une modification des rapports de force entre deux adversaires. Rien de tel ici, c’est beaucoup plus linéaire et apuré. On est seul face à l’énigme qu’on peut aussi se représenter comme un réseau de correspondances et de placements potentiels.
Et énigme il y a ! Je n’en réussi que 2 sur 5 au maximum avec, dans le pire des cas, la totale incapacité à poser plus de 2 chiffres !!! L’humiliation est alors complète. « Triomphe » quand la grille est révélée en moins de 8 minutes…
Pourquoi telle grille se révèle t-elle infaisable alors qu’elle comporte les mêmes données (25 chiffres disons) au départ, je ne saurais le dire. Répartition particulière des chiffres ? Il doit y avoir un algorithme de positionnement différent j’imagine.
Les calculs factoriels indiquent qu’il existe plusieurs milliards de grilles possibles… toutes différentes cela va sans dire, les unes des autres. Autant dire que je ne me sens pas concerné par Alzheimer…

vendredi 11 juin 2010

Pas vue, pas prise



Il y avait embarras du choix pour le titre de ce billet: "A gerber", "Sortez les piques", "Foutez le feu", "Sont trop cons"...

Une fois encore si le Canard n'avait pas fait correctement son boulot, le seul à le faire en France, Ste Christine de la palpe s'en mettait plein les fouilles, elle et ses 4 "collaborateurs". On  notera que ces 4 derniers ne sont pas inquiétés, copains, copines de la taulière. On ne remet pas en cause non plus les bureaux mis à disposition, la voiture de fonction avec chauffeur évidemment.

Giscard était tombé sur l'affaire des diamants, Mme Tibery sur un rapport aussi virtuel que celui que devait pondre la Boutin, idem pour Hervé Gaymard et tant d'autres depuis qu'existe le Canard.

Scénario possible, voire probable: Sarko voulait faire taire la mère Boutin qui ne cessait de se répandre dans tous les medias sur la malhonnêteté de ses ex comparses, leur hypocrisie, leur incompétence etc. etc. A la Michel Audiart: "j'dynamite... j'disperse... et j'ventile...". 

Histoire de l'empêcher de se présenter en 2012, la WMD brandie par Boutin. Puis une fuite part de l'Élysée pour arriver au Canard... et la Christine est explosée en plein vol. Cela dit, je ne crois pas à la deuxième partie du scénario, il y a trop de dommages sur l'ensemble de la clique UMP et son chef en retour.

On remarquera le respectueux silence de la gauche qui vraisemblablement ne tient pas à attirer l'attention du Canard Enchaîné sur ses petits arrangements entre amis. Ne nous y trompons pas, ce n'est pas eux non plus qui remettront en cause les avantages de toutes sortes des parlementaires, ils sont parties prenantes du système. Le seul qui ait, semble-t-il, fait le ménage dans la pétaudière dont il a hérité c'est B. Delanoé.

Ce qui est désespérant c'est qu'en 2012 ils arriveront peut-être encore à passer et la Boutin à se faire réélire dans les Yvelines.

Il vous prend parfois des envies insurrectionnelles...

jeudi 10 juin 2010

Keep mum about "it"



Helen thomas a dit des choses qu'il ne faut pas dire... Alors au pays le plus politiquement correct qui soit vis à vis d'Israël ça passe mal.

Des millions d'américains pensent comme elle, des centaines de millions de gens dans le monde (voire des milliards) également ainsi que des milliers de Juifs eux-mêmes sauf que la machine à culpabiliser se met immédiatement en route. Antisionisme = antisémitisme et la boucle est bouclée: Shut the f. up!

Rétropédalage d'Helen Thomas dans les heures qui suivent, le groupe Hearst doit cesser toute collaboration avec elle, demande d'exclusion des conférences de presse de la présidence etc.

Marlon Brando avait aussi émis il y a une dizaine d'années quelques remarques qui n'avaient pas plu aux Juifs américains. Le lendemain même il se confondait en excuses: I didn't mean to say what I said, I'm sorry if I hurt somebody etc.

Il y a le passage sur le retour des Juifs en Allemagne et en Pologne.  Elle ne dit pas que ça mais on (lire les media) ne retient que cela. La politique expansionniste, agressive et auto-destructrice d'Israël est un fait avéré pour à peu près tout le monde sauf les jusqu’au-boutistes sionistes (on vient d'avoir BHL et Finkelkraut chez nous) qui répètent leur même mantra depuis 60 ans.

Quel changement depuis 30 ans quand la propagande sioniste ne rencontrait aucune résistance sérieuse dans les opinions publiques occidentales. Les yeux se dessillent au même tempo que l'État d'Israël se met chaque jour plus hors toutes lois internationales et donne de lui l'image d'une société de plus en plus obsidionale et hystérique. Ce qu'elle est d'ailleurs. 

Mais qui a créé cette situation si ce n'est ceux-là mêmes qui en sont les "victimes", savoir ceux qui se proclament le peuple élu, le peuple dont le dieu justifie tous les moyens pour parvenir à leurs fins?

On trouvera ici une intéressante compilation de déclarations des premiers ministres israéliens sur la politique délibérée depuis toujours des Juifs vis à vis des Palestiniens. De même ici où s'exprime la correspondante de Libé aux US avec commentaires convergents. 

Pour mémoire, je me souviens de la fin des années 60 au lycée où je pouvais voir sur les tableaux d'information d'engageantes affiches appelant à s'inscrire dans les Kibboutz passer de beaux mois de vacances dans une atmosphère fraternelle pour participer à la construction d'un monde meilleur etc.

Je n'avais à peu près pas la moindre idée de ce dont il s'agissait, Israël je ne connaissais quasi pas, les kibboutz je me représentais cela comme des camps de vacances pour adolescents genre Hollywood chewing-gum... Imagine-t-on cela possible de nos jours?

Bon le temps a passé et Israël hégémonique d'aujourd'hui ne sera plus dans moins de 50 ans. Cette courte, brèvissime,  histoire d'un état juif n'aura fait que contribuer à perpétuer l'antisémitisme de toujours et même à répandre à l'échelle mondiale ce qui n'était jusqu'au XXè siècle qu'un phénomène européen.

A qui la faute, puisqu'il est toujours question de culpabilité?

mardi 8 juin 2010

Abu-l-Ala al-Maari

Eh bien finalement il est paru dans le New York Times mon commentaire envoyé hier. Personne ne le lira d'ailleurs (il est noyé parmi mille autres et ça vaut mieux, aucun intérêt). 

En revanche un lecteur a cité un poète arabe dont j'ignorais jusqu'à l'existence: Abu-l-Ala al-Maari (L'article anglais est plus développé que le français)

"That was the crime my father committed against me; and I committed it against no one." 

"وكان ذلك هو جريمة ترتكب ضد والدي لي ، وأنا ارتكب ضد أحد."

Comme quoi, au fond c'est une évidence, ce questionnement se retrouve dans toutes les cultures puisque chacun s'interroge, au moins une fois dans sa vie, sur sa raison d'être (au sens le plus fort de l'expression).

L'article de Wiki en français évoque une censure de cet auteur au Salon du Livre d'Alger en novembre 2007. Au vu de ses positions radicalement anti-religieuses donc anti-Islamiques on n'en serait guère étonné.

lundi 7 juin 2010

Peter Singer, Schopenhauer and me.

Je tombe sur un article dans le New York Times qui reprend mon antienne exposée à plusieurs reprises ici et là. C'est Peter Singer qui l'a écrit. je ne le connaissais pas mais je vois grâce à Wiki que ce professeur expose des thèmes qui me tiennent particulièrement à cœur. Je viens d'apprendre quelque chose, cette journée m'a enrichi (à la Sénèque).

Et figurez-vous qu'il se réfère à Schopenhauer, mon vénéré maître! J'ai voulu répondre dans la section commentaires mais embrouilles avec mon ancienne adresse de messagerie, code, mot de passe etc. j'ai laissé tomber. Les commentaires américains sont d'ailleurs intéressants (bien plus que les commentaires des lecteurs des journaux français quels qu'ils soient en général)

Toujours est-il qu'il reprend une argumentation que j'avais exposée au début du blog et que je reproduis ici. 


Je suis de ceux qui pensent en effet qu’accepter de donner la vie est moralement criminel dans la mesure où c’est consentir au Mal. Comme s’il n’y avait pas assez de souffrances, de douleurs, de misère et de chagrin par devant chacun d’entre nous.

On aura reconnu bien sûr une préoccupation vieille de plusieurs millénaires et que l’on retrouve et encore ici.

On s’entend souvent répondre que «c’est un avenir meilleur qui attend les enfants à naître, c’est un message d’espoir» etc. Depuis le temps ça se saurait… Là n’est d’ailleurs pas la question. Prendre la responsabilité de prolonger sa lignée c’est condamner autrui à la mort. Ainsi que ses successeurs pour toutes les générations à suivre.

Décider de se reproduire c’est accepter de courir un risque, assuré mais non assumé, d’infliger à son prochain des épreuves sans fin et parfois sans limites dans l’horreur. C’est également acquiescer à l’avance à ses propres insupportables tourments à venir en faisant le pari inconscient que ça n’arrive qu’aux autres.

Ce sont des centaines de millions d’êtres humains qui ont souffert et péri dans d’abominables conditions depuis des siècles -et ils sont encore autant à venir- pour satisfaire l’égoïste et totalement irréfléchi plaisir de la bêtise incarnée en nous.

Quand bien même un individu serait miraculeusement épargné par les maux qui sont le propre de la condition humaine, il n’empêche qu’il vivra au sein d’un inépuisable univers de cruautés et de souffrances et qu’à ce titre il en sera témoin. Cela seul peut être une terrible souffrance morale pour qui a le courage et la lucidité de le regarder en face. Alors se reproduire, c’est simplement être complice du Mal, c’est être une énième incarnation du Mal soi-même.

«Si on suit ton raisonnement c’est la fin de l’Humanité» me répondra t-on. C’est bien ce qui peut lui arriver de meilleur à l’Humanité! Par ailleurs je ne me sens pas responsable du sort de l’Humanité. Enfin, il y aura toujours plus de bipèdes pour désirer se multiplier. 

Ne nous inquiétons pas pour l’Humanité mais bien pour chacun de ses membres.

Juste une "petite" nuance : sa conclusion est positive, il admet son optimisme en la matière. Ayons des enfants en faisant le pari que le temps aidant les choses s'amélioreront. Il n'est d'ailleurs qu'à moitié convaincu lui-même.

Comme je l'écrivais il y a 2 ans et demi, depuis le temps cela se saurait que les choses vont en s'améliorant.

Evil resides in the deepest of our hearts, sleeping most of the times until it decides to strike. Woe to who is the one he chooses!


(La photo du singe car les yeux des animaux sont des miroirs qui ne nous regardent pas. Il y a tout un développement à faire mais ce sera -peut-être- pour une autre fois. C'est aussi un rappel de l'ouvrage qui a fait connaître Peter Singer et qui est à l'origine du mouvement PETA au USA.)

dimanche 6 juin 2010

Lycée St Erembert et loi des 6 degrés de séparation.

On entend de temps en temps parler du suicide d'un jeune, garçon ou fille, et dans la foulée des proches, parents ou voisins, qui s'étonnent et ne comprennent pas: "Il, elle avait l'air bien, sans problème, on ne comprend pas, que lui est-il passé par la tête"? Habituelle rengaine des aveugles du coeur.

Oui, eh bien cela aurait pu m'arriver. Je ne suis pas plus suicidaire qu'un autre (encore que j'ai eu des mises en danger mortelles à peine inconscientes qui relevaient bel et bien de cette catégorie, la dernière il y a 15 ans) mais je me souviens des mois de septembre et octobre 1966 pendant lesquels j'ai été scolarisé au lycée St Erembert à Saint Germain en Laye.

Bien que l'idée ne m'en soit pas venu à l'esprit à l'époque, il aurait très bien pu se faire que d'une seconde à l'autre je passe par-dessus le muret qui séparait la cour d'avec le jardin 15 mètres en contrebas (je m'en serais sorti d'ailleurs). J'étais heureux et épanoui alors. On appelle cette figure de rhétorique une antiphrase je crois...

Une boîte catho pour les petits salopards de la bourgeoisie de l'ouest parisien (bon, tous n'étaient sans doute pas des salopards non plus...) où j'ai entamé ma classe de 3ème.

Tous les matins à 8h, qu'il pleuve, qu'il vente, récitation à haute voix dans la cour en rangs façon formation militaire, de la prière du jour (à moins que ce n'ait été que le Notre Père?). C'est là qu'officiaient le prof d'anglais (M. Bringuier) royaliste tendance nazillon aux méthodes "assertives" on va dire (cela relèverait de la correctionnelle de nos jours) et le prof de français (M. Maître! ça ne s'invente pas comme on dit) qui m'avait hurlé que je n'avais pas à penser!

Je me revois fragile gamin de 14 ans, en cours, ayant définitivement fini de me persuader que j'avais atteint là l'acmé de mes possibilités scolaires et même intellectuelles tellement je me sentais vulnérable et radicalement étranger à cet univers de violence et d'hypocrisie. Cependant il me restait assez d'instinct de survie pour qu'un jour je réponde physiquement (moi, le dernier à pouvoir faire usage de la violence...) à une petite crapule qui croyait avoir trouvé en ma chétive personne un objet sur lequel il aurait pu s'amuser à taper dessus. Je revois sa tête abasourdie au bas de l'escalier où je l'avais fait dégringoler. Le cave s'était rebiffé! Seul bon souvenir qui me reste de cette boîte de...

Malheureux zombie, je ne me plaignais pas particulièrement de mon sort auprès "des miens " (c'est une expression que je ne reprends que pour le besoin de la cause) mais ma mère dut tout de même percevoir que quelque chose n'allait pas et me fit réintégrer l'EN.

Conclusion, c'est tout de même à l'E.N. que je dois d'être parvenu à m'en sortir  (coup de bol tout de même) et une haine viscérale et inextinguible vis à vis de tout ce qui touche aux curetons, à la religion, à l'autorité.

Bon, et la loi des 6 degrés de séparation dans tout ça?

Pour mémoire il en avait été question il y a un mois ici et c'est ZapPow qui m'en avait donné l'intitulé.

Il se trouve que dans cette école St Erembert fut scolarisé de 1938 à 1945 Jacques Fesch (photo) et ici qui fut un des 19 exécutés (droit commun) en France (dont 2 en Martinique) entre 1945 et 1978. L'article de Wiki est incomplet (manque Petiot par exemple).

Je n'ai donc évidemment pas connu Jacques Fesch mais ayant intégré ce lycée 21 ans après qu'il l'eût quitté, il est plus que probable que le directeur de 1966 l'ait connu, ou son prédécesseur, voire un ancien professeur.

Jacques Fesch aurait pu être scolarisé dans un autre établissement de St Germain en Laye mais il se trouve qu'il le fut à St Erembert.

Illustration de cette loi universelle: Il n'y a probablement qu'une personne, au maximum 2, entre ma petite personne et un guillotiné français en 1957.

Cela c'est l'anecdote. L'essentiel c'est une définitive détestation/révulsion de tous ceux qui, un sourire béat aux lèvres viennent me parler de la bonté de Jésus, de la générosité du Christ roi et autres dérèglements mentaux.

Alors le pape et le clergé... là les mots me manquent...

vendredi 4 juin 2010

Mes profs

Un article sur la déprime des agrégés.

Je ne me suis jamais intéressé aux questions relatives à l’éducation, programmes, réformes etc. Quand j’étais au lycée j’étais objet qui faisait ce qu’on me disait de faire. Passé le bac, le plus gros était fait. J’ai juste des souvenirs de très rares bons profs et d’une grande majorité de fonctionnaires qui faisaient leur taf sans plus.

Combien de professeurs rencontre-t-on entre la 6ème et la terminale ? Une petite cinquantaine environ, un peu plus pour les redoublants, dont moins de 10%  (oui, 4 grand max.) m’ont laissé le souvenir d’enseignants qui savaient générer une relation d’intérêt avec leurs élèves.

Pour ces 4 là, combien d’aigris, de ratés, de médiocres, de sadiques, de pauvres types ou femmes lassés de 15 ou 25 ans d’enseignement ? J’ai eu en 5ème (1964) un OAS qui dégoisait contre de Gaulle et pour l’Algérie française. Comment pouvions-nous recevoir son discours ? On ne savait pas même de quoi il parlait. S’il n’avait tenu qu’à lui je me serais retrouvé dans un collège d’apprentissage à apprendre comment me servir d’une machine outil. La même année mon prof de maths, un vieux bonhomme qui en était resté aux années 30, me disait ouvertement le mépris que lui inspirait mon inintelligence. Même chose avec une de ses collègues, jeune d’ailleurs, 3 ans plus tard. 

Mon prof de philo était un rebut de l’E.N qui lisait son canard pendant que nous discutions. Une prof d’allemand, d’une remarque, m’a dégoûté à tout jamais de sa discipline. Un prof d’anglais royaliste tendance nazillon ne m’a pas laissé le choix d’aimer ou pas la matière : il était plus que limite agression physique sur des gosses de 14 ans. Un prof de français auquel je balbutiais quelques mots (« je pensais que ») pour expliquer la raison de je ne sais plus quoi me répondit : Vous n’avez pas à penser ! De la part d’un prof, un supposé éducateur…

Après 68 nous nous sommes entendus demander par une prof près de la retraite : « Vous avez fait la révolution, très bien, alors que voulez-vous maintenant ? » Nous avions 16, 17 ans, à Paris c’était les étudiants (20 ans et plus, Cohn Bendit avait 23 ans, Jacques Sauvageot 25 ans, A. Krivine 27 ans, Alain Geismar 29 ans) qui occupaient le terrain… Nous étions encore des gosses que cette prof voulait ridiculiser et culpabiliser. Gros silence dans la salle, nous n’étions responsables de rien ni même concernés. Un prof d’Allemand avait la phobie que nous lui cassions la gueule derrière une porte maintenant que nous avions "pris le pouvoir"… 

Je les ai presque tous oubliés en fait.

Comment ai-je pu me sortir de cet univers dézingué ? Il faut savoir se retrancher derrière des mécanismes de défense et protection. Chacun le sien s’il le peut. 

Un miracle que j’ai eu le bac auquel je me suis rendu comme on va à l'abattoir! L'avoir m'a fait douter de l'inexistence de Dieu himself vous dis-je

Tout ça est passé, je n’ai aucune opinion sur les profs en général, je me souviens juste m’être coltiné une sacrée brochette de pov’ cons.

Quand on songe aux dizaines de milliers de gosses, en France seulement, qui ont déjà tout le poids des névroses et conneries familiales sur les épaules ce qui les rend déjà fragiles et vulnérables, on est effondré par l’ampleur du massacre mental et intellectuel qui est à l’œuvre à l’échelle du monde entier. Le gaspillage d'intelligence qui se poursuit jour après jour... Il y a de quoi faire un billet (un livre oui) sur ce seul thème.
Si certains jeunes recherchent l'autorité pour leur permettre de progresser ils ne veulent pas d'autoritarisme. Ce dernier semble être regretté par certains enseignants en souvenir d'une époque où ils pouvaient démolir psychologiquement sans risque aucun les élèves tout en lisant 30 années durant les mêmes pages jaunies.
(Réaction d’un lecteur du Monde)
(Enes Bilal est le 4ème à partir de la droite au 2ème rang à partir du bas)

mercredi 2 juin 2010

La femme est un animal à cheveux longs et idées courtes.


Qui n'a pas rencontré une fois au moins cette pseudo citation de Schopenhauer?
 
Problème : Schopenhauer n'a jamais rien écrit de tel (encore qu'il aurait certainement pu le faire).

Faites une recherche sur Google.fr vous trouverez quelques occurrences, évidemment non référencées. Faites la même recherche en anglais ou en allemand : aucune. Et pour cause, il s'agit d'un apocryphe.

Cette pseudo citation figurait sur la page française de Wiki consacrée à Schopenhauer jusqu'à ce que j'obtienne enfin de la faire retirer.

Ni dans l'article en anglais ni dans l'article en allemand ne figure cette invention.

C'est une spécificité française que je croise régulièrement sans bien évidemment que quiconque puisse situer cette saillie dans l'œuvre de Schopenhauer.

On pourrait croire que cette phrase est extraite de l'essai "Sur les femmes" (Parerga et Paralipomena) mais il n'en est rien.

Est-ce un propos qu'il aurait tenu devant un tiers qui l'aurait rapporté? Pourquoi pas mais alors il serait facile d'en retrouver la trace dans la documentation en allemand. Mais rien là non plus.

D'où vient donc cette affabulation?

On a honte de l'écrire mais il faut remonter en 1966 quand J. Hallyday (arggh) a enregistré l'immortelle "Cheveux longs et idées courtes" (non je ne donne pas le lien) pour que l'expression prenne corps.

Comment Schopenhauer a-t-il été mêlé à cette affaire restera toujours de l'ordre du mystérieux incompréhensible.

Ami schopenhauerien, si tu entends citer cette phrase, confonds ton interlocuteur en le mettant au défi de situer cette "citation". Il ne le pourra bien évidemment pas car il s'agit d'une pure et simple invention.

Voici une liste de célèbres apocryphes.