jeudi 16 février 2012

Why I root for Ron Paul


Gros problèmes de connexion ces jours-ci. Grrrrr....

mercredi 8 février 2012

On est les meilleurs!

Dans un premier temps, je me suis demandé ce qu'un ministre de l'intérieur allait faire dans une réunion ou je ne sais quel congrès de l'U.N.I, dont la seule chose que je savais est que ce syndicat étudiant faisait régner l'ordre à Assas (droite) du temps où j'étais à Nanterre (gauche) début des années 70. 


Petite visite chez Wiki, (où je passe pourtant déjà toute mes journées), et je lis que l'U.N.I n'est pas qu'un petit syndicat marginal mais bel et bien la représentation U.M.P au sein de l'enseignement supérieur. J'étais bien mal informé.

Guéant est donc allé les voir pour les assurer qu'il était des leurs et en a profité to give them some red meat. « Contrairement au relativisme soutenu par la gauche (*), toute les civilisations ne se valent pas ».

Comme dans le cas des lois mémorielles et plus particulièrement celles relatives aux Arméniens, le politique s'autorise ici des réflexions sur la philosophie de l'Histoire et l'anthropologie culturelle quand il y a des universitaires infiniment mieux formés pour le faire et dont c'est justement la raison d'être.

Le Conseil Français du Culte Musulman s'est inquiété : Quelle civilisation (définition du mot ?) Guéant avait-il en tête? Après les Français d'origine arménienne contre les Français d'origine turque, voici maintenant les Français d'origine arabe contre les autres c'est-à-dire les Musulmans contre les Chrétiens?  «  République irréprochable » qu'il avait dit...

La réaction de Letchimy - dont je n'avais jamais entendu parler - est historiquement parfaitement fondée et, pour une fois, je suis content que Hollande n'ait pas pris ses distances. Mais au lieu de la jouer discrète et gênée, les socialistes devraient faire face bille en tête à la droite qui soutient presque sans réserve son grand penseur. D'un autre côté ce serait entrer dans la provoc. (voulue ou pas?) de Guéant. 

Quelle civilisation serait donc supérieure puisqu'in fine c'est de cela dont il s'agit? Celle des chrétiens du génocide des Indiens par les Espagnols au nom de Christo rey? Du massacre des Albigeois ou de l'esclavagisme américain par les immigrés européens chrétiens? Celle de la Shoah ou de l'inquisition?  Les famines organisées en Ukraine ou en Irlande au XIXe? On n'en finirait pas, laissons tomber.

Letchimy rappelle simplement qu'à l'origine de tous les massacres et de toutes les horreurs de l'histoire de l'humanité il y a cette obsession pathologique d'être plus civilisé que les Barbares, les autres, l'Autre. Les Übermenschen d'un côté, les Untermenschen de l'autre.

La droite joue les vierges effarouchées, Fillon et ses obligés feignent de tourner de l’œil, ils n'aiment pas qu'on leur rappelle leur généalogie idéologique. Et pendant ce temps de diversion les affaires continuent...

(*) Interrogé pour savoir si "notre civilisation était inférieure" quand la France n'accordait pas le droit de vote aux femmes (avant 1945) ou pratiquait la peine de mort (avant 1981), il a répondu : "Je dis très clairement qu'elle était inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui." Guéant en revient donc au relativisme "défendu par la gauche" puisqu'il introduit la composante temporelle et la notion d'évolution culturelle. Lui a-t-on fait remarquer qu'il y avait une contradiction dans sa posture?
  
En résumé le Ministre de l'intérieur fait sienne la réflexion de Coluche : « Je suis content d'être français, d'abord parce que je suis français et ensuite parce que j'aime bien être content »

Quels politiques nous avons!

samedi 28 janvier 2012

Saint Sarko d'Erevan


Combien peut-il y avoir de citoyens français qui ont jamais fait de la négation du génocide arménien un engagement militant, sérieux, constant, argumenté et surtout obsessionnel ? Bon il fallait donc faire une loi!

Inutile de rappeler les arguments mille fois entendus sur le travail du législateur et celui de l'historien, la liberté d'opinion, l'électoralisme et la démagogie de la dernière (il a dû y en avoir d'autres depuis) élucubration de Saint Sarko l'Arménien.

Tout de même, essayons de se mettre du coté de celui qui cherche des voix pour la prochaine présidentielle...

Il y a paraît-il 500.000 Français d'origine arménienne. J'imagine qu'il y a peut-être 400.000 majeurs possédant donc le droit de vote. 300.000 peut-être sont inscrits sur les listes électorales et leur répartition droite/gauche doit bien refléter peu ou prou l'image du pays, 55% à droite, 45% à gauche.

Sur les - disons- 300.000 inscrits, combien d’abstentionnistes pour x, y, z raisons comme tout un chacun? 10% ?, 20% ?. Allez, disons 50.000 ce qui nous laisse quelque chose comme 250.000 électeurs dont 140.000 qui votent d'office à droite et dont l'apport potentiel est donc inexistant, et 110.000 qui votent à gauche.

Sur ces 100/120.000 voix de Français d'origine arménienne à conquérir il s'en trouverait donc suffisamment de milliers pour tourner casaque et voter Sarko par « reconnaissance » de la défense de la cause? C'est bête comme ça un électeur d'origine arménienne? 

Enfin, admettons qu'il y en ait tout de même quelques milliers, 10% des électeurs de gauche ou indécis parmi cette catégorie, cela ferait 10.000, 15.000 voix que Sarko n'aurait pas obtenues autrement?

Ne peut-on envisager que parmi les électeurs de droite il y en ait tout de même qui n'avalent pas la couleuvre de l'instrumentation dont ils sont l'objet et préfèrent s'abstenir par simple réflexe de décence mais également parce qu'eux aussi n'en peuvent plus de Sarko?

Et combien y a t-il de Français d'origine turque en France? Selon Wikipedia en anglais (a priori plus neutre) ils seraient entre 500.000 et 600.000!!! Oui madame! Plus que les Arméniens (chiffres de Wiki anglais).

Alors là je me marre parce qu'une chose est sûre, à part quelques dizaines de Turcs qui n'auraient pas suivi le match, Sarko vient de perdre chez l'électorat français d'origine turque à peu près 99% des voix (de droite comme de gauche bien sûr). Ce qui est à coup sûr bien supérieur aux voix « arméniennes » qu'il convoite.

Sans compter la qualité des relations avec la Turquie which isn't at all amused par les dérélictions du Hongrois de l'Elysée, lequel s'en contref... totalement. Sans compter les pertes de contrat garanties en Turquie mais là encore Sarko s'en contref... comme de sa première barboteuse, et sans compter le clivage qu'il approfondit entre les Français d'origine turque et ceux d'origine arménienne. 

S'en fiche le gnome des Carpates, c'est justement son essence le divide et impera.

De quelque façon qu'on regarde le tableau on ne peut parvenir qu'à la même conclusion : Il s'agit bien d'une sacrée con...! à laquelle je ne vois aucun côté positif, même pour la cause arménienne.

samedi 21 janvier 2012

Ô tempora, Ô mores


Pompidou ne m'a pas exactement laissé de très bons souvenirs, ce doit être le président le plus oublié de tous les Français. L'homme était cependant normalien et agrégé de lettres. Lors de sa première conférence de presse, interrogé sur un misérable fait divers, il cita Paul Eluard.

Moi, mon remords, ce fut
la victime raisonnable
au regard d'enfant perdue,
celle qui ressemble aux morts
qui sont morts pour être aimés.

Giscard n'a pas laissé non plus de très bons souvenirs, il est probablement le plus méprisé de tous les présidents de la 5ème république. Il cita cependant à l'occasion une strophe du "Moesta et Errabunda" de Baudelaire.

Mais le vert paradis des amours enfantines,
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,
Les violons vibrant derrière les collines,
Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,
Mais le vert paradis des amours enfantines...

Quant au Général et à Mitterrand, qui a jamais soupçonné qu'ils fussent dépourvus de cette culture littéraire qui est la marque des hommes d'état français?

Mais lui! Lui!!! Au milieu d'un entourage culturel composé entre autres de Johnny Halliday, Christian Clavier et Didier Barbelivien, avec Mireille Mathieu pour chanter l'hymne national le soir de la victoire électorale, que pourra-t-il jamais citer aux Français que (peut-être) la seule récitation que tous ont apprise, la cigale et la fourmi (premiers vers)

Ah, nous sommes tombés bien bas, bien bas...

lundi 16 janvier 2012

Things they said today



There is this piece by Nicolas D Kristof in today's edition of the NYT and the ensuing comments by both American and European readers. Of course, the theme isn't exactly new and is a sure bet for exchanges between pros and cons. Yet, it's still interesting to read about the other half's point of view. 

Those familiar with the Franco-American relations or, on a broader scale, the Euro-American relations, know that the key word in understanding these relations is ambivalence, like in love and hate.

Unless I'm mistaken (stuff happens...) this mindset seems to be more prevalent on the American side than on the other side of the Atlantic. Not that Europeans can be less passionate on this issue when the topic arises but I'm at a loss to figure out in which European country any politician could be attacked by h/h rivals for being able to speak English, German or French ?

By the way, Angela Merkel speaks Russian and Vladimir Putin speaks German. Blair speak French as well as does Cameron (not sure about him yet), Berlusconi was fluent in French, English and possibly Spanish (?), Chirac spoke fairly good English and translated Russian poetry into French when he was in his 20'. And Sarkozy... err... bad example, forget about Sarko.

Now, if Newt Gingrich makes fun of Mitt Romney because, like J. Kerry, he speaks French, isn't it an indication that "it works" with a certain portion of his audience?

On the one hand, for Americans who can trace their ancestry back from Europe as long ago as can be in history (say the XVIII th century or even sooner) their pride knows no limit.

On the other hand, so many of them have such disdain for Europe and Europeans, and certainly mainly among white Americans, preferably Republicans, but I guess Democrats aren’t immune from this prejudice. Remember Donald Rumsfeld’s new Europe as opposed to old Europe?

Yet they’re talking about the land of their ancestors, and you wonder how much they want not to be associated in any way with the backwarded people who live in Europe. The farther away they feel they are from Europeans (read commies), the better they’d be it seems. As if they needed to believe in some sort of out of nowhere self creation of their nation, in order to assert its legitimacy.

Now, I was listening to a radio program the other day when someone said that by the year 2.050 white Americans from European descent will be a minority among Latinos, Coloured and Asian Americans (in whichever order I can’t remember).

I thought that Black Americans couldn’t care less about dissociation from Europe since all their misfortunes came from Europe.

Asians wouldn’t care a fig all the same since they have no historical links with Europeans.

And the same goes with Latinos, themselves being from European (mainly Spanish and Portugese) descent but that was so long ago, they now come from Mexico and other Caribbean islands.

I don’t know about 2.050 but the trend seems unstoppable yet.

Maybe then, many white Americans will feel they’re surrounded with not real Americans of yesteryear… and they, well, their children and great-children, will remember things they said today.

(A funny detail in Kristof's article : It's stuffed with French words and expressions but not a single German, Italian or Spanish one...)

dimanche 8 janvier 2012

Chemins de traverse

Pour essayer de comprendre le réel et le monde des interactions dont je suis partie, il est plusieurs méthodes : La physique nucléaire, la chimie moléculaire ou encore l’analyse mathématique stochastique. Avec des résultats… discutables lorsqu’il s’agit des relations interpersonnelles.


On peut alors se tourner vers des tentatives d’explications d’ordre psychologique mais là, c’est garantie sur facture, réglé comme du papier à musique, on est sûr 9 fois sur 10 de ne rencontrer pour seule réponse qu’une lourde ironie genre « psychanalyse de comptoir» ou encore « psychologie de salon ».

Je trouve ça vraiment intéressant et tellement révélateur... Quand il s’agit de sciences dures, nulle ironie, on accepte éventuellement de contester ce qui est proposé. Mais dès qu’il s’agit de psychologie, foin de telles délicatesses, c’est immédiatement la moquerie et le sous-entendu d’incompétence. Étant entendu que ceux qui ironisent sont, eux, compétents pour distinguer le vrai du faux.

Encore plus intéressant, les propositions fondées sur une approche psycho/psycha ne sont jamais discutées pour elles-mêmes, elles sont d’emblée rejetées, disqualifiées. Sont-elles valides malgré tout? On ne le sait jamais, on les charge de tout le ridicule dont on veut affubler le locuteur, de telle sorte que ce qu’il tente de remettre en cause soit immédiatement mis hors d’atteinte de ses tentatives.

On pourrait émettre l’idée que ce rejet massif et spontané est l’expression d’une défense que suscite l’inquiétude d’un discours « différent », éventuellement déstabilisant. Ce serait là une nouvelle perche tendue aux esprits forts; je m'en garde...

« La psychanalyse n'est pas une science » ressassent depuis un siècle maintenant ceux qui n'en connaissent à peu près rien à moins qu'ils en soient peut-être effrayés. Là encore, cet argument de l'homme de paille est intéressant puisque jamais aucun psychanaliste n'a prétendu que son art soit « scientifique ». Ce qui pose en passant la question de savoir ce qui est « scientifique ».

But wait! L’économie, voilà qui est « scientifique » sans doute puisqu'il y est question de chiffres, de mesures, de statistiques et de projections mathématiques. D'ailleurs tout cela ne se retrouve-t-il pas dans l'économétrie? Ça c'est du sérieux, du solide et pas des interprétations à la limite du délirant que propose la psychanalyse. Il existe même un prix Nobel (pas exactement mais c'est pareil au fond) d'économie. C'est dire si on peut se reposer avec confiance sur les résultats des travaux pas du tout délirants des économistes.

Mouais... Eh bien quand je considère l'état de l'économie des pays où l'économie est considérée comme une science, je persévère dans ces chemins de traverses qui aident à comprendre le réel et les interactions dont je suis partie. Et tant pis pour la non-scientificité de la chose, c'est peut-être plus sûr finalement.

vendredi 30 décembre 2011

Long live the Afghani!



So I underwent surgery a couple of weeks ago. Everything went o.k in the morning and I just felt some tickling in my forearm in the afternoon. 

That was when the anaesthetics were still being effective. But within half an hour they no longer were powerful and I ended up grinding my teeth, ploughing my bed's sheet with my left leg, snarling and growling, waiting for the 1000mg of paracetamol I had been given to ease my pain. To no avail of course, on this occasion it was as if I had been administered a dose of poudre de perlimpinpin (snake oil).

After I had waited far too long for the paracetamol to act, I eventually called for the nurse who asked me how much I would score on the pain scale from 1 to 10. 4657! I hurled at her, like it would make any difference whether it was 5, 6 or 10... Just relieve me stupid! No, I didn't say that last line to her but she finally understood that I really, really was feeling bad.

T'was like the surge was still working on me live and there was fire inside my forearm. Never before in my life had I felt so much and intense pain for so long. My whole body was wriggling and shaking with pain and she was asking me to give her some bloody number.

Eventually they gave me a shot of morphine and it hardly took one minute before I felt the pain abate. Ten minutes later, everything was nearly back to normal and the situation was under control, save that my body was still convulsing and shaking for minutes. Just that the same story happened the day after and once again I had to wait half an hour in agonizing pains before I could get my second shot of morphine.

And of course I know there are no limits to pain until one becomes mad or dies.

Now, morphine being a derivative from opium I say long live the Afghani! and put an end to this f. war in Afghanistan...
 

mercredi 21 décembre 2011

Petit rappel...

Vaclav Havel est mort il y a quelques jours et, comme il se doit, nous avons lu et entendu les hommages au grand homme, la « conscience européenne », « l' humaniste » etc. Mouais...

Qu'il ait été un des courageux dissidents de l'est et un auteur dramatique respectable est une chose mais je trouve qu'une fois encore les medias ont fait un grand silence sur un sujet qui n'est sans doute plus d'actualité (pas plus que son ancienne dissidence d'ailleurs) mais qui me semble tout de même bigrement intéressant du point de vue moral. 

A-t-on remarqué que Vaclav Havel est mort le jour même où le « dernier » (cough, cough) soldat américain quittait le sol Irakien? Quel rapport me demanderez-vous?

Eh bien, il se trouve que notre grand homme fut l'un des signataires de la lettre des huit en janvier 2003, lettre qui apportait son soutien à l'Administration Bush dans son entreprise guerrière en Irak.

Cette lettre publiée, par le Wall Street Journal (Rupert Murdoch anyone?), était un vrai coup de poignard dans le dos de la diplomatie française qui n'avait pas même été avertie de son existence comme il est coutume de faire entre chancelleries. Et Sarko de qualifier Havel de grand ami de la France! Ah bon? When was that?

Voilà donc un ancien dissident dont le pays avait été occupé pendant quelque 40 ans par des forces étrangères, donner son accord pour l'invasion (illégale!) d'un pays qui lui était totalement étranger. Au nom bien sûr des WMD, de la démocratie (see how "democratic" Iraq has become) etc. Un dissident bien conformiste pour le coup. Et tout à fait « démocratique » une fois encore puisque la majorité des Tchèques était opposée, comme tous les Européens, à cette expédition néo-colonialiste américaine au Moyen-Orient.

La République Tchèque a donc envoyé 300 hommes en Irak, en fait du personnel médical pour un hôpital de campagne. C'est bien le moins quand il y a une guerre qu'on cautionne de prévoir qu'il y aura des blessés à traiter...

L'humaniste a donc été reçu par Bush et la photo montre combien il en ronronne de plaisir. 

Par son soutien affirmé à la guerre d'Irak de 2003, Vaclav Havel est moralement responsable des 4.800 soldats morts là-bas et des 100.000? 200.000? Irakiens qui ont été tués dans les années qui ont suivi. Pas joli, joli pour la grande conscience européenne et l'humaniste exemplaire qui soutenait aussi l'initiative américaine d'installer un « bouclier » antimissile iranien avec installations en Pologne et en Tchéquie, contre l'opinion majoritaire de ses concitoyens. Mais on m'assure que c'était « démocratique ».

Comme on n'est jamais seul à avoir une idée, j'ai lu avec plaisir que d'autres partageaient mon avis ici et .

A ce compte-là je préfère encore Chirac (and yet) qui vient de se prendre 2 ans et demi avec sursis.

vendredi 9 décembre 2011

Oh yeah, sure, sing as long as you want...



A la fin des années 70, j'avais entendu à l'occasion des législatives de 78  ou des présidentielles de 81 je ne sais quel politique de droite faire valoir qu'à l'ouest les États démocratiques laissaient aux gens le droit de s'exprimer comme ils voulaient, de critiquer les gouvernements sans risques etc. alors qu'à l'est on ne pouvait même pas se déplacer sans passeport à l'intérieur de l'URSS. 

Le fait est que l'argument semblait imparable, la liberté d'expression et encore moins la liberté de contestation n'étant pas exactement des produits d'appel pour le socialisme made in USSR.

Autant on peut adhérer à la critique léniniste selon laquelle le système électif à l'occidentale est une liberté formelle, autant on peut ne pas inclure dans les libertés formelles la libre expression, la libre disposition de sa personne, le droit d'association etc.

Me réveillant d'un long sommeil dogmatique, j'ai fini par comprendre que si effectivement certains des droits de l'homme étaient plus "respectés" à l'ouest qu'ils ne l'étaient à l'est, cela ne tenait nullement à une tolérance per se du système capitaliste mais bien plutôt à une priorité de valeurs entre le capitalisme et le socialisme.

Comme son nom l'indique, ce qui fonde le système capitaliste c'est bien la recherche du profit et rien d'autre. L'argent est la valeur cardinale, le reste importe peu.

Certes on pouvait reconnaître que les U.S laissaient tourner et diffuser à l’international des films comme "All the President's Men" ou tout autre film démontant les mécanismes de l'exploitation économique ou exposant les conditions de l'impérialisme américain à l'échelle mondiale.

De même tous les protest songs étaient librement diffusés dans le commerce et Jimi Hendrix pouvait dés-interpréter l'hymne américain, cela faisait grincer des dents mais le premier amendement était là pour le protéger des censeurs. John Lennon pouvait chanter "Give Peace a Chance" all he wanted, et tous les autres avec lui autant qu'il voulaient, personne ne pouvait les en empêcher.

Par comparaison avec la France où certains titres de Brassens étaient interdits d'antenne comme l'étaient certains films (La Bataille d'Alger, Français si vous saviez) ou livres (La Question de Henri Alleg), les U.S semblaient bien libertaires.

Je ne crois plus du tout que le système capitaliste puisse être crédité de sa pseudo tolérance vis-à-vis des opinions divergentes et de sa longanimité par rapport aux critiques qui lui sont adressées de son sein même.

Basically, le capitaliste se fiche de ce que l'on pense de lui, de ce qu'il fait et de la façon dont il le fait, la seule chose qui l'intéresse, le motive et le fait agir c'est la recherche du profit. Bob Dylan, Joan Baez, Pete Seeger et tous les autres peuvent chanter all they want, pourvu que cela n'entrave pas les affaires.

Par contre dès qu'il s'agit de syndicalisme et de lutte des classes, le capitalisme est tout de suite beaucoup, beaucoup moins tolérant et le temps n'est plus aux petites chansons protestataires qui ne gênent personne.

La sauvagerie des répressions des manifestations syndicales ou des mouvements de revendication salariale dans l'histoire des E.U montrent bien que la "tolérance" qui serait une des vertus du capitalisme trouve très rapidement ses limites dès qu'on approche du cœur du système.

La liberté d'expression au sein du système capitaliste c'est bien joli mais il ne faut tout de même pas que cela devienne sérieux (read, prevent us from making money) parce qu'alors the tune isn't the same. 

Ce ministre giscardien avait pour lui un argument apparemment irréfutable, il oubliait juste de le développer. En gros vous pouvez protester tant que vous voulez, ("tous les jours même, de la mairie à la gare de Créteil" comme disait Coluche) mais acceptez en échange de vous faire exploiter par le système en vendant votre force de travail pour le minimum qui vous est nécessaire pour vivre et acheter nos produits.

Il en va des protestations et de la liberté d'expression dans le système capitaliste comme des élections : Votez pour qui vous voulez comme vous l'entendez, vous êtres libres... jusqu'au moment où cela ne nous convient plus.

De même que "La dictature, c’est ‘ferme ta gueule’ ; la démocratie, c’est ‘cause toujours'", l'expression des protestations et des opinons dissidentes et critiques c'est « cause toujours tu m'intéresses », l'essentiel est que tu ne touches pas à ce que je t'ai pris avec ton accord puisque je ne t'y ai pas physiquement contraint.

Sinon tu chantes et tu critiques autant  que tu veux et tu votes pour qui tu veux, tu es libre... jusqu'à un certain point...

samedi 3 décembre 2011

Eadem sed aliter

Je retrouve cette affiche qui a dû être dessinée du temps des Robber barons.

Je pense à la Grèce où les armateurs sont dispensés d'impôts et à l'église orthodoxe (The "we fool you" part) qui bénéficie du même privilège. Encore que sa seule participation ne changerait probablement quasi rien à la situation financière de l'État.

On peut aussi penser à la situation du clergé et de l'aristocratie française en 1788, y compris les fermiers généraux, aka banquiers et financiers in modern parlance. 

Heureusement il y a la « démocratie », le mot magique et sacré avec lequel on berne les masses en leur faisant croire que ce sont elles qui ont le pouvoir in fine. And they buy it!

Lénine had it right all the way.