dimanche 28 août 2011

The farther one travels, the less one knows

 
Après avoir effectué le premier vol spatial il y a 50 ans, Youri Gagarine avait déclaré quelques jours plus tard qu'il n'avait pas vu Dieu dans l'espace. Voilà ce qui s'appelle du matérialisme à l'état brut!

On peut être tenté à ce souvenir de faire la même remarque lorsque l'on considère les progrès extraordinaires des neurosciences et de l'imagerie médicale en particulier. 

Il est à présent possible de visualiser les aires d'activité cérébrale de notre cerveau, on sait que ce sont les neurones réunis par les synapses qui organisent et régulent les flux électriques qui parcourent l'organe qui nous met en relation avec le monde, on sait tout cela et mille autre choses que j'ignore et je me dis qu'un croyant ferait la même réflexion : je ne vois pas l'âme.

Non seulement on ne "voit" pas l'âme bien sûr mais on ne voit pas davantage l'esprit ou la conscience.

Toutes les images du monde, les scanners et les IRM ne nous présenteront jamais que des objets externes à notre perception de nous-mêmes, comme si la pensée ne se reconnaissait pas dans le miroir qui lui est présenté et où elle ne voit qu'une représentation étrangère à elle-même.

N'est-il pas étonnant que ces flux et charges électriques qui rendent possible l'exploration cérébrale - nous sommes bien là au centre du monde en quelque sorte - soit totalement impuissants à se reconnaître eux-mêmes et restent soumis à la volonté de la conscience qui en est issue?

Ces micro courants électriques ne nous apparaissent finalement que comme d'autres éléments constitutifs de notre corps, tels le sang, les protéines ou je ne sais quel agrégat d'eau et d'humeurs.

Les milliards de neurones et synapses, les milliards d'étincelles qui chaque seconde connectent les uns et les autres se présentent bien pour ce qu'ils sont : des données physico-chimiques dépourvues de tout sens et de toute signification. Où est notre conscience? Où sont nos souvenirs? Où sont nos émotions? Sans parler même de notre inconscient...   

Pour indispensable que soit la connaissance du fonctionnement de notre cerveau à des fins thérapeutiques par exemple, force nous est de constater que nous en sommes au même point d'ignorance relativement à la relation corps/esprit qu'il y a 10.000 et 100.000 ans, parce qu'il n'y a précisément rien à savoir ni à apprendre à ce sujet.

C'est un mystère destiné à le rester, ce qui permet à la religion et à la métaphysique toutes les hypothèses, encore que la métaphysique soit infiniment plus raisonnable dans son ambition.

Explorer plus avant encore le fonctionnement du cerveau, accéder au niveau moléculaire des cellules, voir in situ jusqu'aux atomes et aux électrons qui circulent dans la masse spongieuse de nos cerveaux ne nous avancera jamais d'un iota mais donnera toujours davantage raison à Lao Tseu : Plus loin tu voyageras et moins tu sauras.

mercredi 24 août 2011

Ce qui est pris n'est plus à prendre

A son arrivée il nous informait que les caisses étaient vides mais qu'à cela ne tienne, grâce aux mesures de relance dont il avait fait autant d'arguments de campagne, Sarkozy allait relancer la croissance, réduire le chômage etc., on connaît la chanson.

Pour mémoire c'est la loi dite TEPA qui détaillait les mesures qui allaient permettre de redresser la France, mise à genou par l'impéritie et l'incompétence des socialistes qui distribuaient à tous vents l'argent des bons contribuables au profit des fainéants d'assistés sociaux etc., on connaît la chanson.

Des sept mesures que le patronat avait fait mettre en œuvre par son mandant Sarkozy, pas une évidemment n'a permis une significative amélioration de la situation économique des classes populaires et moyennes bien au contraire,  mais ce n'était pas non plus leur objet, on le sait bien.

A force de tirer sur la corde elle a commencé à se tendre un peu dangereusement et il faut donc se résoudre à aller à Canossa et revenir sur les fameuses mesures qui allaient nous sortir de "la crise" (arg...la crise qu'elle est trop cruelle). Les préposés du ministère de la propagande y vont de leur refrain : c'est la crise qui... etc. on connaît la chanson, quand c'est précisément leur politique qui a accéléré la survenue de la crise. Comme toujours d'ailleurs puisque nous sommes dans une économie de marché (entendre loi du plus fort, pile je gagne, face tu perds) dont l'essence même contient les causes de ses crises structurelles. 

Quatre ans plus tard, comme il était prévu, l'échec est complet mais pas pour tout le monde cependant. Parmi les mesures que vient d'annoncer Fillon, il est prévu une taxation des hauts revenus qui permettra (?) une rentrée de 200 millions d'euros. 

200 millions d'euros! Mais c'est du f...age de gueule ça! Pour mémoire Bettencourt s'est vu  "restituer" 30 millions d'euros par le Trésor Public l'an dernier...  200 millions d'euros ce doit être le prix d'un Airbus A 340 à peu de choses près.

L'accroissement du patrimoine de la classe dirigeante depuis 4 ans que Sarko la représente n'est pas sujet à la crise lui, c'est du solide, du consommé, c'est du pris qui n'est plus à prendre, il s'agit tout au plus de faire une légère pause dans le taux d'enrichissement de cette classe qu'il ne faut tout de même pas brutaliser. Une douce et délicate participation (très temporaire)  à l'effort demandé suffira à faire taire les médisants et autres mauvais esprits. 

Travailler plus pour gagner plus,  il annonçait la couleur pourtant! Plus c'est gros, plus etc. on connaît la chanson. Et il y a des gogos d'exploités qui ont gobé l’appât de celui qui leur disait franchement qu'il allait les saigner à blanc!

Laurence Parisot à l'Elysée ce serait un peu voyant tout de même, usons donc d'un habile subterfuge : C'est Sarko qui tient la boutique et qui peut très bien se voir reconduire l'an prochain.
"Je ne crains pas le suffrage universel, les gens voteront comme on leur dira"
(Tocqueville)

dimanche 21 août 2011

Karla Faye Tucker et saint Augustin

On reconnaît au Christianisme une assise métaphysique dont la théorisation doit beaucoup à Augustin d'Hippone. Sa distinction Cité des hommes/Cité de Dieu reprend en effet l'idée fondatrice de la philosophie occidentale telle que l'avait formulée Platon 8 siècles auparavant : le monde sensible opposé au monde intelligible.    

Le croyant qui a connu Dieu ne craint plus la mort car il sait que la vraie vie l'attend au royaume céleste comme le philosophe ne craint pas la mort qui le délivrera du monde des apparences et de la matière périssable.

Pendant son incarcération Karla Faye Tucker a rencontré Dieu -certains diront qu'elle l'a retrouvé- comme l'avait rencontré un Français 50 ans auparavant dans les mêmes circonstances, Jacques Fesch, guillotiné le 1 octobre 1957.

A ce titre, Jacques Fesch avait entrevu la Cité céleste comme l'attestent les derniers mots qu'il écrivit dans son journal de prison : Dans 5 heures je verrai Jésus. S'étant libéré des attaches sensibles, l'annonce du rejet de son pourvoi le laissa semble-t-il indifférent, il n'était déjà plus "là", seule son enveloppe restait aux mains du bourreau.

C'est l'authenticité de la révélation mystique qu'a vécue Jacques Fesch qui a décidé l'archevêché de Paris à ouvrir une instance en béatification et je reconnais là une cohérence intellectuelle avec les fondements métaphysiques du Christianisme.

Cela dit, l'archevêché de Paris n'est pas au Vatican et Jacques Fesch n'est pas près de compter aux nombres des Saints reconnus par l'Église catholique pas plus que Karla F. Tucker, d'autant plus que leurs crimes sont bien différents l'un de l'autre.

Ce qui est particulièrement intéressant dans le cas de l'Américaine c'est qu'elle a été jugée et exécutée par ses coreligionnaires qui se réclament donc du même Dieu et du même message christique du pardon des offenses, du rachat des pêchés, de la vie éternelle auprès de leur Dieu d'amour et de miséricorde venu sauver le monde et les hommes etc.


Plus extraordinaire s'il se peut, c'est un certain gouverneur du Texas qui se proclamait born again Christian (parce qu'il avait temporairement cessé de picoler) qui a refusé sa grâce à K.F. Tucker alors même que ce mouvement évangéliste se réclame du message premier de Jésus Christ : Very truly I tell you, no one can see the kingdom of God without being born again.

Le royaume de Dieu c'est-à-dire la Cité de Dieu d'Augustin par opposition à la cité des hommes. Ceux-là mêmes qui prétendent être au plus près de l'enseignement du Christ sont en fait les plus attachés aux choses de ce monde sensible et les plus éloignés des vérités révélées, but it comes as no surprise yet. Jean-Paul II lui-même (but what does he know about Jesus and religion?) avait plaidé pour que K.F Tucker soit graciée, to no avail of course, these freaks would have executed Jesus-Christ himself had he resurrected to plead for mercy.

But wait! Didn't they already kill Jesus 2.000 years ago? 

Christ peut ressusciter, il sera bien accueilli tiens!


Cela dit, qu'il s'agisse de Jacques Fesch, de Karla Tucker ou encore de Paul Claudel derrière son pilier à Notre-Dame, je crois surtout à la pertinence de la citation d'Augustin : à force de croire on finit par voir ce qu'on croit.

samedi 13 août 2011

Prendre un peu l'air...




Je vais partir 15 jours mais comme je ne veux pas être coupé du monde je me suis acheté une clef G. It works à Paris, mais je ne suis pas sûr que ce soit le cas là où je vais (Normandie) bien que l'opérateur couvre la région.

Donc le blog va prendre également quelques jours de vacances ce qui est une bonne chose parce que depuis quelques semaines je ne suis plus capable de proposer des billets intéressants et originaux.

Comme quoi, qu’on le veille ou non, il faut prendre un peu de distance pour se régénérer.

De retour d’ici la fin du mois, je vous retrouverai avec plaisir.

vendredi 12 août 2011

An American education













Hmmm ... France. What is there to say? The churches have been empty for years. The young are unemployed, hopeless. Marriage is dead, the best hetero relationship the daughters of that nation can hope for is a few years shacked up. The 'new Frenchman' will be what was formerly known as a 'North African' sooner, rather than later due to unbridled and uncontrolled immigration. The elderly are allowed to die off in droves due to a simple natural occurrence known as 'hot weather' during the summer. Four weeks of vacation, no drive to work in the populace. Retire on the State around 50.

Good cheese. Good wine.

How much of France do we wish to emulate??
Well Al Martino is a Francophile and it shows :-)   :-))   :-)))   Fair to say he just got 13 recommandations for his witty comment ;-) ,-) ;-). To the best of my knowledge there are just a few dozens in America who think likewise. Are they prejudiced and convinced the French are anti American by virtue of their morality?

When asked why, their 'explanation' probably would have something to do with French education, myths, and a systematic bias in the representation of America and Americans. The French are simply assumed to put some negative spin in just about everything related to America.

What is odd however is that millions of young French have been exposed to a very positive image of America and Americans ever since the end of WWII through the comic strips they were avidly reading. 

The 5 most famous ones are Buck Danny, Lucky Luke, les Tuniques bleues, Jerry Spring, Blueberry and Steve Warson.

- Buck Danny, started in 1947, was the most pro-American strip you could think of, to the point it would have made George Washington’s mother embarrassed! The series started just after the end of WWII with a recollection of the Pacific war and portrayed 3 heroic American pilots. Staunchly anti-communist, the strip enthralled literally millions of youngsters in the 50s and 60s. Very realistic and incredibly accurately documented, Buck Danny was THE American hero.

- Lucky Luke was another breed of American figure (1948). Non-realistic as opposed to Buck Danny, Lucky Luke the Cowboy has had over 50 instalments with many made into animated movies. Still a hit with French teenagers, Lucky Luke is the cool, good natured American guy, the one everybody wants to be friend with.

- Les Tuniques bleues (”The Blue Tunics”) was started at the end of the 60s. Set during the Civil War, the series recount the adventures of two rightful and generous American soldiers, depicted in a sympathetic and faithful light and dedicated to the defence of the good old Stars’n Stripes.

- Jerry Spring, another hero of the late XIXth century, probably was the most elaborate of these characters, with a moral dimension that made him the most human of all of them. Modest, Jerry Spring deals with situations where morality is the key issue and fights both good and bad guys. More than 20 albums of his adventures were published between 1954 and 1970. The drawings were sheer masterpieces!

- Lieutenant Blueberry was created in 1963 by the same author as The Adventures of Buck Danny. But times having changed, Blueberry is a former soldier who’s been mistreated by the army and acts on his own. He reflects the disenchantment that the western, as a Hollywood genre, went through in the 60s. Blueberry knows failure, doubt and sometimes edges on despair. Another very human figure from America.

So, with millions of French having been exposed in their youth to such a positive spin about America and the Americans, and with these heroes still being very popular, is it really likely that the French would be so rabidly anti-American? And has any American teenager ever had the opportunity to read any comic strip with such a positive view of the French? The only one I know of is Pepe le Pew, a stinking womanizer… Talk of a positive image here.

(all of these strips originated from Belgium but France being a much bigger market, this is where they went to stardom) 

mardi 9 août 2011

Cervantes and The Tea Party

 
So the Reps and the Dems have finally secured an agreement regarding the debt ceiling before the dead line was reached, like it was evident they would. As a foreigner I lack the basic knowledge of American politics to understand if there's a winner since it looks like that was a confrontation between the two main parties instead of a common effort to salvage the national economy.

Some say the Republicans - under the influence of the Tea Party - have humiliated prez Obama, but what do I know? Yet I read not all Americans are pleased with the show and the outcome that has resulted.

David for example seems to be just half satisfied: 

Thank you Tea Party for your terrorist attack on the world economy, the USA and my retirement.

Now Steve is also rather critical of the Tea Party and specifically of Michelle Bachman:

Michelle Bachman blaming Obama is like an arsonist blaming a fired department for a fire. 

Abigail isn't much more amused when she writes: 

We can thank the Republicans for a lot of this. First, putting the Nation in an economic mess during and after the Bush Administration and lately with their Tea Party compatriots for a public spectacle leading up to the rise in the debt ceiling.

But there are divergent opinions as well...

Me I don't know but it reminds me of the Spanish saying that Cervantes quoted in his Novelas Ejemplares which he published exactly 400 years ago.

"Il en est qui se crèveront les deux yeux pour que leur ennemi s'en crève un"
  

 (Unfortunately I haven't been able to retrieve the quote and yet I read it and wrote it down at the time)

vendredi 5 août 2011

Credit scoring


La crise financière mondiale une fois encore montre bien combien était (est encore) valide la thèse de Marx relative aux contradictions internes du capitalisme. Là où il s'est trompé c'est en croyant que les conséquences de ces contradictions finiraient par emporter le système.


Non, l'idéologie capitaliste se régénère à chaque crise pour continuer son expansion incontrôlée après quelques années.

La solution pour sortir des crises? Faire payer les masses pour financer les pertes engendrées par les conséquences des dites contradictions, les pertes n'étant évidemment jamais supportées par ceux qui en sont responsables. Et les masses continuent de voter pour ceux qui les exploitent, les mandants de l'idéologie de l'exploitation... Mais c'est une autre question.

Les Grecs depuis l'an dernier découvrent que vivre à crédit c'est super sauf quand il faut régler la note. Donc il y a plan drastique d'austérité et les Grecs manifestent et font gréve.

Les agences de notation font leur boulot (biaisé ou pas, il y a une dette qu'il faut bien rembourser) et je ne crois pas plus que cela au complot spéculatif des agences, même s'il y a bien sûr à la marge les habituels profiteurs, les mêmes qui font du marché noir à toute petite échelle en temps de guerre.  

L'UE bien sûr est très largement responsable mais les Grecs eux-mêmes ne sont pas les innocentes victimes d'une système qui les dépasse. It takes two to tango, le prêteur et l'emprunteur.

Personne ne conteste que la Grèce a trafiqué toutes les statistiques qu'il était possible de trafiquer pour obtenir son adhésion à l'U.E et les milliards de subvention qui vont avec. Et même s'il y a eu comme il est accoutumé ce qu'on peut imaginer de détournements, il n'empêche que le pays a pu se moderniser en se dotant des infrastructures qui lui faisaient défaut, en accroissant le nombre d'hôpitaux par exemple ou en améliorant la qualité des réseaux routier et ferroviaire. L'ensemble des Grecs en a bénéficié.

Tous les manifestants à Athènes ou dans les autres villes de Grèce se sont-ils toujours acquittés de leurs impôts? Quel est le nombre de Mercedes 600 S par habitant en Grèce par rapport aux Français ou aux Polonais par exemple ou par rapport au PIB par habitant?

Grâce aux subventions et aux investissements externes faits en Grèce, le pays a pu vivre à crédit et ses habitants bénéficier - aussi bien globalement qu'à titre individuel - de la manne des subventions européennes, financées elle-mêmes par les contribuables européens.

Même les petits fonctionnaires qui croient être victimes ne l'étaient pas tant que cela quand l'État les employait à ne rien faire avec des salaires payés par les voisins européens. Je comprends que les Allemands l'ait mauvaise, et moi aussi parce que le résultat sur les marchés de l'impéritie des Grecs m'affecte personnellement.

Les Grecs ne sont pas individuellement directement et personnellement responsables de ce qui leur arrive, ils n'en sont pas non plus les innocentes victimes comme l'ont été les Amérindiens qui ont vu les Européens leur fondre dessus et les exterminer il y a 5 siècles.
 
Me font pas pleurer les Grecs! A propos, où sont planqués les avoirs des multimillionnaires grecs? Indice : Suisse, Liechtenstein etc.

mercredi 3 août 2011

dimanche 31 juillet 2011

Another French myth collapses


This French vidéo was made in 1964 and was a huge hit at the time. So what? will you ask, the 60's were a time of huge hits. Yeah, sure, but this was a real, real, huge hit really. I mean so huge that the title of the song "Zorro est arrivé" (Zorro has arrived)] has now turned into a set expression of the French language. Whether politicians, trade-unionists, school children etc. they'll all refer to "Zorro" in order to indicate that we were in dire straits but the white knight came and saved us all.

Now the singer we see here is a very famous French one (he's dead now) and was still performing after he was 90. He's reckoned to be a great musician (although you can't tell from this clip) and many of his songs now belong to the French repertoire. So I never had any doubt that this Zorro song was as French as the béret and the camembert.

How wrong was I! To my great, great, great surprise, I learned some day that "Zorro" is the French cover of the "Along came Jones" title by the Coasters (1959)!

And eventually it should come as no surprise since the French musical scene was so pathetic during the 60's that the only way to feed the market with popular songs was to cover American hits. The most enduring one in France probably will remain "500 miles" in 1962.

But as astonished as I was to learn about the real origin of Zorro (Leiber-Stoller), how many Americans would be to learn that "My way" is originally a French song? This cover by F. Sinatra is so great that you would think it's kind of emblematic of America. And yet, it was a French song in the beginning, created by the worst disaster to ever strike the French music industry (in terms of quality). I don't give the video, this blog has certain claims in terms of decency...

Zorro is American?!? The things you learn on the Internet...

vendredi 29 juillet 2011

She's Oil Mine

 
She's Oil Mine est un film de 1941 dans lequel a tourné Buster Keaton après que l'arrivée du parlant a mis fin à sa grande époque de réalisateur du muet. 

C'est également le 101e article que je m'étais fixé comme objectif de création sur Wiki. Objectif atteint il "faut" donc envisager une nouvelle étape qui pourrait être le deux centième jusqu'au millième peut-être, après the sky's the limit...

C'est amusant de créer des articles, en fait des traductions sauf deux vraies créations qui ne se trouvent donc dans aucune autre langue. C'est à la fois un bon apprentissage de l'exercice de traduction, allemand -> français, anglais et italien et d'une langue à l'autre quand il y a difficulté, c'est souvent bien utile. Par ailleurs cela familiarise avec le HTML qui est le langage de Wikipedia.

Il faut d'abord traduire bien sûr mais ensuite il faut mettre en forme (HTML donc) ce qui demande autant de temps que la première partie.

Ce à quoi je ne m'attendais pas c'est à l'existence d'un réseau d'utilisateurs/administrateurs dans lequel on se trouve engagé sans avoir rien demandé mais qui prend contact avec vous dès qu'un nouvel article est mis en ligne, pour faire les corrections nécessaires, de mise en forme essentiellement. Tout cela est très sympa, cela vous a des airs de blog/forum méga géant où l'on "connaît" les uns et les autres et où le tutoiement est la norme, sinon la règle.

Cela m'est aussi l'occasion de me faire des réflexions relatives à la validité du savoir et de la connaissance et il y a là comme une forme de mise en abîme. 

Je traduis des textes et mets donc à la disposition des lecteurs francophones des informations auxquelles a priori il se fie. Mais pourquoi devrait-il nécessairement croire ce qui est écrit? Moi-même, que sais-je des sujets que je prends, de la pertinence des données sur Wiki allemand, anglais ou tout autre? Je fais confiance parce que cela a été vérifié à l'origine mais dans quelle mesure? Particulièrement si l'on songe qu'il y a d'innombrables traductions de langue à langue et qu'il est certain que dans toute cette machinerie de multiples erreurs sont répétées, traduites et diffusées auprès de centaines de millions d'internautes.

La question de la fiabilité des informations sur Wiki est née avec l'encyclopédie en ligne et ne sera jamais close. Mais après tout pourquoi aurais-je plus confiance dans ce que diffusent les medias? J'aurais même plutôt tendance à me méfier des media plus que de Wiki, sans pour autant accorder 100% d'assurance dans ce qui s'y écrit.

Les concepteurs de l'encyclopédie ont trouvé il me semble la bonne réponse : Wiki est une encyclopédie vivante, à chaque seconde des milliers d'interventions sont faites et corrigent ce qui doit l'être, comme aussi de nouvelles erreurs apparaissent. C'est ainsi, il faut en tenir compte, tout en sachant que dans les cas de sujets conflictuels, des pages sont semi protégées voire bloquées parce que trop susceptibles de dégénérer.

Quoiqu'il en soit je me suis trouvé un passe-temps qui ne peut connaître de limite que ma lassitude parce qu'on se trouve vraiment comme le nageur devant le Pacifique : il y a du boulot!

Mon objectif à dire vrai n'est plus quantitatif mais qualitatif : Créer un article pour chacune des cantates de Bach. J'en suis à 22, il en reste quelque 200... Et pour la plupart il faut compter deux bonnes heures!

Apprends-je quelque chose à rester 6 et 8 heures par jour sur ces articles? Pas vraiment non pour au moins trois raisons. D'abord quand on traduit un texte on a surtout l'esprit à ce qu'on fait plutôt qu'à l'esprit du texte, un peu comme les correcteurs.

Ensuite les articles que je prends ne sont pas des sujets sur lesquels je voulais m'instruire mais des sujets qu'amène le hasard du "feuilletage" des pages. Donc ça ne m'intéresse pas forcément (rarement même), encore que si je les choisis c'est qu'ils sont à on goût.

Enfin ce sont des articles sur des sujets mineurs ou très spécialisés dont il n'y a rien à retenir pour moi. Voyez par exemple Evariste Mertens, Conférence de Peza, Annibal Gantez ou encore Leucippides, c'est certes intéressant mais à moins d'être vraiment attiré par ces thèmes...

De même pour les cantates de Bach, il s'agit en fait d'une énorme nomenclature qui n'a pas particulièrement d'intérêt pour le simple mélomane quelle qu’admiration il professe vis à vis du Maître. Mais dans ce cas particulier, à y consacrer des heures et des heures, on finit par se familiariser avec le monde des cantates et de la musique sacrée en général.

Il y a tout de même un petit "inconvénient" à cet engagement quasi militant, c'est que je suis moins disponible pour le blog, notamment pour rédiger des billets un peu plus "exigeants" que celui-là. Il me faut trouver le bon équilibre et répartir harmonieusement mon énergie comme disait Confucius.

Bon, il ne l'a peut-être pas dit mais il aurait pu...

mardi 26 juillet 2011

Lee Strasberg is well and alive



Bon, alors ce que les media français faisaient était inacceptable, aux États-Unis le nom des victimes d'agression sexuelle ne sont pas rendus public, leur identité n'est pas révélée pour protéger leur intégrité morale etc. ("News organizations, as is customary in sexual assault cases, respected her wishes not to be identified".) et  maintenant il y a une émission sur ABC news le soir à l'heure de plus grande écoute.

Well, I just saw an extremely well-rehearsed, choreographed (arm movements and all) performance

C'est le commentaire le plus recommandé par les lecteurs du New York Times, apparemment écrit par un Américain. La video ne montre pas le passage où Diallo sort son mouchoir pour s'essuyer une larme, passage qui a fait dire à un des journalistes de Newsweeks que l'émotion ne lui semblait pas très spontanée. Tu m'étonnes...

Elle s'en remet à dieu de la véracité de son témoignage, ce qui en Europe desservirait plutôt son cas mais qui peut avoir un effet positif  sur l'opinion publique outre Atlantique.


Mais Newsweek est un magazine sérieux, non partisan et respectueux des règles communément admises relativement à la neutralité des informations que diffusent les medias. Ainsi cette couverture où l'on voit un portrait en couleur de Bernadette Soubirous (a role model for Ned) affrontant avec une désarmante impassibilité (celle des innocentes victimes désignées) l'affreux regard d'un tueur représenté en noir et blanc par une photographie prise au tribunal quand il n'était pas rasé et n'avait pas dormi depuis plus de 24 heures. Si avec ça les jurés d'un improbable procès ne sont pas influencés... avec en plus tout ce que les medias ont fait pour charger Strauss-Kahn...

Not to say that the media are any better in France or elsewhere anyway...                                        

dimanche 24 juillet 2011

Ars longa, vita brevis











Comme d'habitude je vais plus vite que la musique (oui, celle-ci est vraiment lamentable) et d'ici à ce que soit rédigé le billet, voici tout de même de quoi se faire plaisir...

 §222

mercredi 20 juillet 2011

Buster Keaton et Spinoza

 
Dans les années soixante je crois, le médecin de Buster Keaton lui fit faire une radio au vu de laquelle il demanda à son patient s'il avait été victime d'une tentative de lynchage. Keaton répondit qu'il n'avait pas idée de ce que lui demandait son médecin qui l'informa que la radio de son cou présentait une image rémanente rappelant les traumatismes observés sur les cadavres des pendus.

Étonné, Buster finit par se souvenir d'une scène du Mécano de la Générale (1927) durant laquelle, lors du remplissage en eau du réservoir de la fameuse locomotive, une fausse manœuvre lui fit tomber sur la tête des tombereaux de flotte qui l’assommèrent. On peut voir cette scène dans le film (ici, intégralement). Plus de trente ans, après le corps gardait mémoire de ce qu'il lui était advenu lorsqu'il était encore jeune.  

L'inconscient ne connaît pas le temps nous a dit Freud et tout le monde probablement a dû faire cette expérience d'une réminiscence d'un événement apparemment insignifiant (ce qu'il n'est jamais puisqu'il réapparaît), disparu de la mémoire consciente pendant des dizaines d'années parfois mais qui pourtant a été enregistré au plus profond de notre réseau neuronal pour un jour, peut-être, revenir à la surface.

Il est des souvenirs jamais oubliés qui sont comme l'ombre gravée des plus terribles catastrophes qui puissent survenir, la pire de toutes étant la perte d'un enfant dans les plus abominables conditions. Bien évidemment l'esprit comme le corps gardent d'ineffaçables cicatrices mais ce qui a été enregistré, malgré tout, perd peu à peu de sa puissance affreusement douloureuse et ne finit plus par subsister dans la mémoire, tant du corps que de l'esprit, que comme d'indélébiles traces de ce que nous avons vécu.

Ce rapprochement des deux formes de mémoire fait penser au parallélisme que Spinoza établit entre le corps et l'esprit dans le cadre de la longue dispute entre les tenants du dualisme cartésien et du monisme spinoziste que connaissent bien les habitués du blog...

Cette comparaison des deux formes de mémoire, l'esprit et le matière, est cependant relativement spécieuse je le reconnais car le parallélisme de Spinoza (qui n'a jamais utilisé ce terme, à juste titre précisément) tend à mettre au jour les interactions réciproques du corps et de l'esprit en vue de démontrer l'identité de la substance qui nous apparaît sous les deux seuls attributs que nous puissions percevoir.

Il y a cependant une similarité de la mémoire du corps et de la mémoire de l'esprit et les souvenirs tels que nous les concevons habituellement ne sont pas uniquement d'ordre psychique. Notre esprit enregistre aussi bien que notre corps tout ce qui lui est advenu, et croire qu'il y a une différence essentielle entre l'un et l'autre est parfaitement erroné. Nous sommes un, corps et esprit, interdépendants l'un de l'autre.

Il est dans l'ordre des choses cependant que nous ne puissions spontanément associer le corps et l'esprit dans une même unité, comme il était naturel aux hommes de croire et d'être persuadés que la Terre était le centre de l'univers et que les étoiles tournaient autour.

Notre condition d'éphémères mortels nous destine à être confrontés au réel le plus immédiat et seuls les métaphysiciens peuvent percevoir autrement les choses. 

Il n'empêche, Buster Keaton a failli se casser le cou et nos tragédies n'ont rien de métaphysiques quand nous les vivons...

lundi 18 juillet 2011

Pipeau


Il y a toujours de nouvelles entrées à prévoir au Dictionnaire des idées reçues. Il y a quelques année la Grande Bretagne a connu de dévastatrices inondations. Comme de bien entendu on a eu droit au cliché ultra convenu du prétendu flegme britannique, tant de la part de Béatrice Schönberg sur la 2 que de PPDA sur TF1 et de tous les autres.

De la même façon, quand il y a eu une tentative d'attentat il y a quatre ans à l'aéroport de Glasgow, on n'y a pas échappé : le flegme britannique était une fois encore mis à l'épreuve et confirmé.

Pipeau! Que voulez-vous qu'ils fissent les Anglais? Qu'ils se mettent à hurler en courant dans les rues? Qu'ils grimpent aux sommets des montagnes? Qu'ils sortent des reliques sacrées de leurs temples et organisent des processions purificatrices?

Quand il y a eu les attentats de Madrid, les Espagnols ont-ils montré une fébrilité que n'auraient pas manifestée les Anglais? Lors des attentats parisiens des années 90, les Français se sont-ils distingués par une ardeur incontrôlée à chercher refuge au fond des catacombes? 

Cette légende du prétendu flegme britannique a été inventée pendant la seconde Guerre Mondiale par les services de propagande de l'armée britannique, afin de donner au peuple anglais bombardé jour et nuit par les Allemands, un valorisant sentiment de fierté pour compenser la dureté des temps et leur donner l'illusion que les épreuves subies les mettaient au niveau des combattants des premières lignes. Tous soldats!

C'était nécessaire et de bonne politique alors mais l'image est restée. Et on nous la ressert en toute occasion. Un train qui déraille? Le flegme britannique! La maladie de la vache folle? Le flegme britannique! Les préparatifs des JO de 2012? Le flegme britannique!

Vous les avez vus les flegmatiques Britanniques au stade du Heysel en 1985? Et les Mods et Rockers des années 62/64? Pas trop flegmatiques je trouve... On ne parlera pas des Sex Pistols non plus que de la criminalité juvénile contemporaine en GB...

Les Allemands sont disciplinés, les Brésiliens exubérants, les Suédois sont froids et réservés comme les Américains sont de grands enfants. Le flegme britannique? Et un cliché de plus, un! Du pipeau que je dis...
 

samedi 16 juillet 2011

Nature et culture

Pendant trente ans l'argument massue, l'arme fatale de la propagande de droite consistait à qualifier l'opposition de socialo-communiste. Reconnaissons que Duclos et Marchais ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour donner un fondement aux arguments des majorités sur lesquelles s'appuyaient Pompidou et Giscard. Sans compter ce qui se passait à l'est.

Et puis un jour, Mitterrand a été élu. Avec des ministres communistes! Et les chars soviétiques n'ont pas défilé sur les Champs-Élysées non plus que des camps de rééducation ouverts pour interner les braves gens. Il a bien fallu changer de répertoire, c'est normal, c'est le B A-BA de la communication depuis toujours.

Les temps changeant, la droite eut alors recours à une autre arme aussi redoutable qui consistait à accuser les socialiste d'incompétence économique. Rappelons-nous Chirac peu après l'élection de Mitterrand affirmer que l'expérience socialiste ne durerait pas plus de deux ans. Car c'était une expérience, donc quelque chose d'incertain, au résultat très aléatoire, faite par des amateurs qui n'avaient ni le sérieux ni la crédibilité de la droite.

Depuis 1981 l'inusable antienne de la droite est de répéter que la gauche a mis la France à genoux, que la gauche a ruiné la France, que les socialistes sont des redistributeurs impénitents qui prennent l'argent des honnêtes gens pour le gaspiller inconsidérément. Les irresponsables dépenses des socialistes engagent notre pays dans une spirale infernale qui nous fait dé-cro-cher-du-pe-lo-ton-de-tê-te quand la crise mondiale n'épargne personne."Tremblez, tremblez pour vos économies, électeurs que la gauche incompétente vole et spolie".

La ritournelle de la droite est bien connue : Quand il y a des difficultés économiques, c'est la faute des socialistes qui sont des irresponsables mais quand cette même droite est au pouvoir, s'il y a des difficultés, ce n'est pas du fait de son incompétence (inimaginable), c'est la faute de la crise.

Et là il y a presque un coup de génie qui consiste à faire croire que les crises économiques sont comme les manifestations violentes de la nature : On n'y peut rien, c'est un fait de nature contre lequel les hommes sont totalement désarmés. Faire passer ce qui relève de la culture, l'économie, pour un fait naturel, c'est énorme et cela marche d'autant mieux!

L'économie est aussi bien un fait culturel que tout autre activité humaine et la régularité des crises économiques (cycles de Kitchin, de Juglar, de Kuznets et de Kondratieff) ne signale rien d'autre que les effets de l'activité humaine.

Quand la droite, en France ou ailleurs, fait endosser la responsabilité des crises économiques à la nature, elle ne fait que se décharger des conséquences de son idéologie sur un acteur qui n'en peut mais.

A la limite, et c'est assez intéressant, ce discours qui consiste à associer la nécessité (sens philo : ce qui ne peut pas ne pas être) des crises économiques à l'inéluctabilité des faits de nature, c'est perpétuer la ligne constante des théologies monothéistes selon laquelle Dieu est tout puissant et nous ne pouvons rien contre ses divins décrets. Alors il faut courber la tête et les accepter. Ben voyons...

Il n'est nullement étonnant que la droite s'inscrive comme on dit dans cette politique de défaussement de ses responsabilités, les détenteurs du pouvoir se sont toujours servi de cette rhétorique pour faire accepter l'inacceptable aux masses.  

Cela fonctionne depuis 2.000 ans avec la superstition pour maintenir les masses dans la soumission, et ce n'est pas près de s’arrêter, aussi bien du point de vue spirituel que matériel.

Vous êtes pauvres, au chômage, devez travailler jusqu'à 65 ans? Ainsi l'a décidé Notre Seigneur, acceptez ses souveraines décisions, vous en serez récompensés pour l'éternité dans son céleste royaume.

Prions mes chers frères et sœurs...