lundi 17 octobre 2011

Chuck Berry et Lazarus Spengler

Comme je descendais des fleuves impassibles, je m'aperçus un jour que plus je m'informais sur la biographie de tel ou tel musicien américain de jazz, de blues ou d'autre forme musicale, plus je découvrais combien nombre d'entre eux avaient commencé par chanter des hymnes et autres gospels dans les chorales des églises protestantes (whatever the sub-class) de leur quartier.

Je n'ai pas vraiment cherché à collectionner des noms mais on peut penser à Aretha Franklin par exemple ou Chuck Berry précisément dont les pères étaient tous deux diacres ou je ne sais trop quoi dans les églises baptistes du sud des E.U. Certainement il y en a d'autres que vous connaissez et auxquels je ne pense pas.

Quels étaient les chants des chorales religieuses interprétés par les jeunes noirs d'Alabama ou de Georgie, je n'en ai pas la moindre idée mais j'imagine qu'il ne s'agissait pas simplement de reprendre les textes des quatre Évangiles tels quels, il devait y avoir des compositeurs spécifiques pour ce type de musique et des auteurs "spécialisés" pour écrire des textes à la façon du XVIIIe siècle européen.

Lazarus Spengler était l'un d'eux mais aussi Salomon Franck ou encore Christian Friedrich Henrici et bien d'autres encore qui furent actifs dans l'Allemagne d'après la Réforme.

Même si les cantiques et autres psaumes du XVIIIe allemand n'ont pas traversé l'Atlantique (sauf peut-être chez les Amish), j'imagine que des auteurs - blancs - américains ont écrit d'autres textes de la même veine pour les offices des églises baptistes du Nouveau Monde et que ce sont ces poèmes qu'ont entendus et chantés des millions de noirs depuis deux siècles.

Ce qui est intéressant c'est de considérer que nombre d'enfants noirs on été initiés à la musique au cours de leur éducation religieuse mais que loin de poursuivre et de perpétuer cette forme musicale mortifère et vieille de deux millénaires (cf. Livre des Psaumes), ils se sont servis de cette tradition blanche pour élaborer une musique qui a bouleversé le sens musical du monde entier.

Que ce soit en Iran, en Chine ou au Brésil, Chuck Berry et ses descendants, les Rolling Stones, les Beatles ou n'importe quel groupe anglo-Américain, sont autrement populaires - c'est une litote - que la musique chrétienne que n'écoutent guère plus que les fidèles des offices religieux dominicaux.

Que les descendants des Africains que les blancs sont allés chercher chez eux pour en faire leurs esclaves se soient finalement affranchis (partiellement) de la servitude que les Blancs européens leur ont imposée en se servant précisément d'une partie de cette culture blanche est une démonstration renouvelée du processus historique universel de dépassement dialectique, oppression, résistance et renaissance à un stade supérieur.

On peut tout de même mettre au crédit de l'enseignement religieux chrétien une formation des esprits qui ne se réduisait pas à l'aliénation de la raison, celle-ci étant de toute façon invincible sur le long terme. C'est même toute l'histoire de l'Humanité...

jeudi 13 octobre 2011

Hello Goodbye



Voilà que Shall we Talk a passé ses quatre ans et comme je vous l'ai déjà dit il y a deux mois, j'ai de plus en plus de mal à l'entretenir. Ce genre d'activité c'est comme tout, ce qui était un divertissement devient lentement une espèce de contrainte. Et pourtant, par Odin, j'y suis attaché à mon petit blog qui est ma préoccupation quotidienne depuis deux ans que je l'ai relancé.

J'ai toujours autant d'idées - bonnes ou mauvaises, chacun est juge - mais il m'est de plus en plus pénible de les mettre en chantier, de les travailler avant d'en faire quelque chose de présentable. Autrement dit je suis arrivé au stade où consacrer plusieurs heures par semaine à nourrir le blog ne m'est plus aussi gratifiant qu'auparavant. Mitigated feelings anyway...

Il y a aussi que je me suis très fortement investi dans mon activité de contributeur de Wiki et, ce qui est dans l'ordre des choses, une motivation en remplace une autre.

Il serait possible de baisser le rideau d'un coup d'un seul et définitivement mais, outre que ce serait désobligeant à votre endroit, j'écrirai sans doute de temps en temps un billet par ci, par là quand l'envie m'en prendra tout soudainement.

Enfin voilà, je prends un peu de recul et ne fournirai plus deux ou trois billets par semaine voire plus comme il était accoutumé depuis toujours (sauf six mois de suspension en 2009) mais plutôt par mois. En fait je n'ai pas de programme.

Merci à vous tous qui faites vivre le blog, Ned, Anijo et Christine, ZapPow et Jan tous les deux d'une fidélité qui force le respect, à un visiteur(euse?) discret et extrêmement régulier de Virginie (USA) qui ne s'est jamais manifesté mais qui suit ce blog depuis au moins 18 mois et sans doute plus, à la Globule qui passe de temps en temps ainsi qu'à Semper et même Rocket qui est passé des centaines de fois. Quelqu'un de New York également vient occasionnellement tous les mois, ainsi que de Belgique.

Je sais bien que j'ai déjà écrit des billets tels que celui-ci mais enfin il y a bien un jour qui est le dernier jour...

Shall we talk has been my daily obsession for dozens of months now and I need to ease the pressure, really.


See you.

lundi 10 octobre 2011

What a riot!

 
Yu Minjun est le plus connu des peintres chinois contemporains et aussi celui dont les œuvres se reconnaissent instantanément puisque absolument tous ses personnages arborent en permanence un rictus exacerbé d'irrésistible hilarité.

A ma connaissance il n'a jamais peint de figures féminines, ce qui peut s'interpréter d'au moins deux façons qui ne sont d'ailleurs pas exclusives l'une de l'autre : La distorsion qu'il inflige aux visages masculins, déjà anxiogène telle qu'elle est serait peut-être encore plus insupportable sur un visage féminin et par ailleurs il prend l'homme non pas en tant qu'individu singulier mais au contraire comme représentant générique de l'espèce humaine, c'est-à-dire de notre condition à tous.

Il reprend ici le célèbre portrait du Pape Innocent X par Velázquez, portrait dont Francis Bacon a donné une version particulièrement déchirée.


J'aime autant l'une que l'autre ces deux reprises qui chacune à sa façon « explose » la représentation officielle d'un personnage symbolique de la culture occidentale, notamment ce 234ème Pape du XVIIè siècle.

Cette toile est tout particulièrement efficace qui nous donne à voir en fait de personnage quasi sacré du monde chrétien une espèce de nabot vêtu d'un simple drapé dont la couleur noire de la soie tranche d'autant plus vivement avec la couleur rose jambon des chairs du sujet. Le détail qui tue c'est évidemment ce caleçon noir qui détruit instantanément le statut quasi idolâtre dont jouissait l'individu nommé Giovanni Battista Pamphilj de la part de ses contemporains. Lui aussi n'était in fine qu'un organisme aux besoins quotidiens.

C'est évidemment tous les détenteurs passés et présent de ce même pouvoir qui sont représentés dans ce tableau peint par un Chinois dont la culture est radicalement étrangère à cette création du délire religieux occidental. Le personnage, comme tous ceux de Yu Minjun, a donc les traits chinois ce qui rend d'autant plus comique cette image d'un nabot élevé sur son trône par la vésanie de ses adorateurs.

La signature de Minjun, ce sarcasme permanent sur les visages des personnages du peintre qui exprime ainsi sa vision cynique du monde, délivre ici toute sa puissance qui donne à voir un avorton aux cinquante dents se fichant ouvertement de la masse de ses fidèles et du monde entier.

Il n'est pas sûr que le Vatican qui possède d'inestimables richesses artistiques fasse monter les enchères pour acquérir cette toile...

(The Pope -1997- Huile sur toile, 198x186. Collection privée)

lundi 3 octobre 2011

Jean Sébastien Bach et le Patriot Act



Il y avait le mois dernier dans le New York Time un article sur le Patriot Act qui m'a rappelé combien sont fréquentes dans les médias américains les formules quasi rituelles relatives à "our security" ou encore "our enemies", "the enemies of America" etc.

Je sais bien la part de l'usage politique qui est faite de cette évocation quasi quotidienne par les politiques américains mais tout de même, y a-t-il un autre pays au monde (la Corée du Nord peut-être?) où ce genre de vocabulaire est utilisé de façon courante, habituelle et qui reflète un état d'esprit qui doit bien correspondre à une réalité mentale donnée?

Ne reconnaît-on pas là l'héritage des immigrés anglais, hollandais ou allemands du XVIIè siècle et après qui se sentaient persécutés en Europe à cause de leurs convictions religieuses et qui décidèrent de s'établir dans le Nouveau Monde?

Je ne sais quelle était la réalité des persécutions que subissaient des Protestants dans les pays qui avaient connu la Réforme mais ce qui est sûr, c'est que toute croyance d'ordre religieux implique nécessairement un sentiment de rejet et d'exclusion par ceux qui se définissent dans une différence par rapport aux autres. On ne peut être in et out à la fois quand on "choisit" de se joindre à une communauté.

En débarquant dans les colonies américaines, les colons ont amené avec eux ce sentiment obsidional qu'implique une commune appartenance religieuse sensée protéger (justement!) de ceux qui ne partageaient pas leurs convictions (parce qu'ils en partageaient d'autres).

Avec une culture aussi imprégnée de religion que celle des États-Unis dont la religion est bien à l'origine même du peuplement et donc de la raison d'être historique, il est tout à fait dans l'ordre des choses que ce qui composait les mentalités collectives il y a trois siècles en Europe se retrouve intacte et inchangé sur un autre continent où le sentiment religieux semble aussi vivace qu'au temps des immigrants des XVIIè et XVIIIè siècles.

Le rapport avec Bach vous demandez-vous? Il se trouve que je suis engagé depuis bientôt trois mois dans la rédaction de l'intégralité des articles consacrés aux cantates de J.S Bach sur Wiki français et que je lis donc les textes qui étaient chantés avec ces cantates (il y en a 240!).

Tirés des Évangiles, soit écrits exprès pour telle ou telle célébration religieuse par les poètes de l'époque en Allemagne, tous Chrétiens et Protestants, les contemporains même de ceux qui quittaient l'Europe pour l'Amérique, tous ces textes évoquent et invoquent la protection de Dieu contre les ennemis ou les puissances menaçantes, de l'amour qu'il prodigue, de l'obéissance qui lui est due etc., on connaît tout ça...

Il est saisissant de considérer combien ces gens qui vivaient il y a trois siècles baignaient dans un univers mental comparable à celui des enfants ou des peuples « primitifs » qui, tous, s'inventent des créatures et un monde fantastique que l'anthropologie et la psychanalyse nous ont permis de considérer d'un œil rationnel.

J'ai choisi cette cantate BWV 85 Ich bin ein guter Hirt (je suis un bon berger) parce que son titre est bien significatif de ce que toutes les religions et croyances prétendent apporter aux hommes : la protection du surmoi, l'image du père à la fois tout puissant, aimant et terrible mais aussi le berger qui rassemble et mène les brebis qui seraient perdues et à la merci des prédateurs (les ennemis) s'il n'était pas là.

La croyance religieuse est la même avec les mêmes obsessions que du temps de Bach, la protection contre les ennemis, le réconfort et l'assurance d'une puissance supérieure pour affronter le monde hostile. Est-il exagéré de supposer que cette attente d'une puissance supérieure s'est sublimée et s'est réalisée aux U.S dans la constitution d'un monstrueux appareil militaire parfaitement inutile pour se défendre (de qui? des Canadiens? des Vénézuéliens?) mais tout à fait adéquat pour transformer en chaleur et lumière le reste de la planète qui est potentiellement rempli d'ennemis?

L’Europe elle, s'est considérablement sécularisée et ses habitants ne voient plus le monde au travers du prisme religieux, les Européens n'ont pas cette obsession de l'« ennemi » qui vivrait en permanence à leur côté pour leur nuire et les détruire. Contrairement aux États-Unis, les pays européens ne sont ni militaristes ni bellicistes (il est vrai que Anders Fogh Rasmussen est un contre exemple assez terrifiant, mais n'est-il pas de culture protestante lui aussi justement?) et je considère que c'est aussi une conséquence positive du recul de l'obscurantisme religieux que les hommes n'aient plus la propension à se considérer ennemis les uns des autres parce que les superstitions tendent « naturellement » à les séparer les uns des autres. 

jeudi 29 septembre 2011

Y aurait-il une justice malgré tout?


On n'entend plus parler du Front national depuis quelques jours que la scène politique s'est un peu agitée avec les Sénatoriales et pour cause, à ce que je sache ce scrutin au suffrage indirect ne représentait aucun enjeu pour ce parti. Il n'empêche, quand viendra le premier tour des Présidentielles, j'envisage toujours comme hypothèse la plus probable que Marine Le Pen se retrouvera au second tour avec Sarkozy qui sera réélu (65/35).

Mais les résultats de dimanche dernier, énième défaite électorale pour la droite depuis que Sarko a été élu, laissent présager des Législatives chaudes chaudes pour l'UMP en juin prochain. Sarko étant devenu très rapidement un produit hautement toxique pour les élus de base qui font tout pour ne pas être associés à sa personne et encore moins vus en sa compagnie, si le suffrage indirect donne les résultat que l'on sait au Sénat on imagine ce que le suffrage au scrutin direct donnera sur le terrain dans 9 mois...

Je vois venir gros comme une maison une nouvelle cohabitation, ce serait donc la quatrième depuis 1986, avec Sarko dans le rôle de Mitterrand à l'époque, quand et l'Assemblée et le Sénat étaient contre lui, ce qui n'était pas le cas de Chirac, (ce qui ne faisait pas une bien grande différence pour lui d'ailleurs).

On peut légitimement croire que c'est non seulement la politique menée par Sarko depuis plus de quatre ans qui a entraîné les déroutes électorales successives de l'UMP (municipales, cantonales, régionales et sénatoriales) mais également un rejet de nature quasi biologique de sa personne par le corps électoral, de gauche comme de droite.

Même si Mitterrand suscitait chez ses opposants les sentiments de détestation qui sont propres à la vie politique, Sarko, lui, aura réussi ce tour de force de se faire haïr par une partie non négligeable de son électorat, ce qui n'était pas le cas de son prédécesseur en cohabitation.

Il faut donc prévoir cinq ans supplémentaires de Sarko qui sera cependant encore plus réduit à l'impuissance que Chirac ne l'était entre 1997 et 2002.  

Le statut futur du petit caïd importe moins cependant que les résultats presque révolutionnaires au fond des élections de dimanche dernier, et on veut croire que la gauche désormais majoritaire fera ce qu'il faut pour que soient abolies les conditions qui ont permis pendant plus d'un demi siècle pareille mainmise de la droite sur la République.

Et tout ça à cause de la guerre d'Algérie qui a été l'occasion du retour du Général (---> nouvelle Constitution) qui lui-même s'est cassé les dents sur le système mis en place par la droite de toujours qui avait réintégré le pouvoir à sa suite.  

Cela n'est sans doute pas très important aux yeux de l'électeur de base pour qui le Sénat est toujours resté une entité incompréhensible et sans objet mais c'est tout de même un déboulonnage hautement bienvenu du système qui a permis à la droite d'entraver le mouvement réel du pays. 

Et Tasca qui s'y voyait déjà...

lundi 26 septembre 2011

New York, an American crime free city


Il y a quelques mois SemperFidelis nous rappelait que le perp walk faisait partie du système accusatoire du droit anglo-saxon et que la procédure était applicable dans tous les pays relevant du common law system. Bon d'accord. Quand le dernier perp walk a-t-il eu lieu au Royaume-Uni qui est tout de même le pays d'où émane le système accusatoire moderne? Bon, question suivante...

Quand le dernier perp walk a-t-il eu lieu aux États-Unis? Ou du moins à New-York? Le dernier dont j'ai entendu parler concernait un Français il y a quatre mois. Depuis, unless proven otherwise, plus de perp walk à New-York, la ville est débarrassée de ses derniers criminels.

Au-delà de la nature éminent sadique de la pratique (si j'ai bien compris il s'agit de montrer une tête à la foule durant les quelques mètres qui séparent la sortie d'un commissariat jusqu'au fourgon cellulaire) j'ai beaucoup de mal à ne pas croire que Cyrus Vance - puisque c'est lui qui décide de la mise en scène - n'ait pas songé que se payer un Français aux yeux de ses électeurs ne pouvait pas être un handicap pour se réélection prévue l'an prochain.

Et je reste convaincu qu'il n'aurait pas été si zélé et précipité s'il s'était agi d'un Russe, d'un Chinois ou d'un fils d'émir arabe. Until proven wrong, I'll still have my doubts...

samedi 24 septembre 2011

Class Warfare

 
Je viens d'entamer ma cinquième année d'abonnement au Vélib' et j'en suis globalement très satisfait. 

Oui mais il y a tout de même une chose qui me désole, c'est de constater le nombre de Vélibs' volés, ce qui se remarque immédiatement puisqu'ils sont attachés par les anti-vols que la société Decaux met à la disposition des voleurs. Et puis il y a les maltraités mais là il est trop tard, on ne peut plus rien faire. C'est la vie...

N'importe quel promeneur dans Paris voit bien tous ces Vélib' volés, ils ne sont pas partis dans l'espace où on ne pourrait plus les récupérer, non ils sont bel et bien à Paris pour la très grande majorité d'entre eux, encore faudrait-il que leur propriétaire, la société Decaux se donne les moyens d'empêcher -1° qu'ils soient volés, et -2° de les récupérer.

Et plus je me sers du système, plus je suis convaincu que Decaux se fiche -quoi que ses campagnes de "sensibilisation" voudrait faire croire - comme d'une guigne des Vélib's qui ne représentent quasi rien dans son chiffre d'affaires.

Je ne peux entrer dans de longues explications mais l'important c'est que les Vélib's sont là, sous nos yeux, il suffit de les récupérer.

Je suis tenté (et je succombe à la tentation) de faire un parallèle avec la crise, très grosse crise dans laquelle le monde se trouve actuellement et les États qui cherchent à récupérer de l'argent pour combler les déficits publics, rembourser les emprunts etc. 

Je regarde cet article du Sunday Time qui nous informe que les mille plus riches personnes du Royaume Uni possèdent une fortune cumulée de près de 400 milliards £. 

400 Milliards £!!! Ah tout de même... Et juste en Grande Bretagne où le journal n'omet pas de préciser que cette somme représente plus du tiers de la dette nationale.

Mais ça c'est peanuts et petit bras si l'on regarde ce classement de Forbes. Là on en est à $4.5 trillion pour 1.250 personnes. Des individus quoi, des organismes qui dorment et mangent etc. comme vous et moi. 1.250 individus qui vivent sur la même planète que 6 milliards d'autres individus.
Crisis? Which crisis?

Le parallèle avec le Vélibs' vous paraît peut-être plus compréhensible à présent : l'argent dont ont besoin les États et les peuples il est là, il ne s'est pas plus évaporé dans l'espace que les Vélib's, il n'y a qu'à aller le chercher là où il se trouve.

Un petit obstacle cependant, c'est que les détenteurs de ces richesses durement acquises ont besoin de maintenir tel qu'il est  - voire de l'améliorer - le système qui permet ces accumulations psychotiques de valeur et surtout de le protéger des velléités de ceux que traversent de troubles pensées redistributrices. Rien de plus aisé, il suffit de circonscrire les forces politiques au moyen de politiciens chiens de garde choisis pour leur capacités à créer les arguments les plus spécieux pour justifier le système et protéger leurs maîtres.

Aux US ce sont les Républicains qui parlent de class warfare si j'ai bien compris (et d'une certaine façon ils ont bien raison), et en France ce sont des Fillon qui évoquent la retraite à 67 ans...

C'est à faire regretter Lénine et Mao...

mercredi 21 septembre 2011

I want to be in America, life is easy in America...

Bon, cette fois-ci j'ai bel et bien regardé Strauss Kahn à la télé dimanche et il semble que je ne sois pas le seul à avoir trouvé courageuse son attitude de venir exposer sa version, qu'on n'avait encore jamais entendue puisque toute cette affaire a été menée à charge - c'est son boulot mais il pouvait le faire de façon différente- par le D.A de NY.

DSK s'est référé 11 fois je crois au rapport de C.Vance, le montrant autant de fois à l'écran. Alors je suis allé le lire ce rapport, accompagné de la traduction française et je me demande ce que fait encore N. Diallo aux E.U. Il faut le lire pour le croire. Rien, absolument rien n'est reproché à DSK, par contre c'est une totale démolition de la plaignante à laquelle se livre le bureau du procureur. Il n'y a pas une page où Cyrus Vance lui-même n'admette qu'il avait affaire à une menteuse pathologique..

"nous sommes confrontés à une situation dans laquelle il est apparu de plus en plus clairement que la crédibilité de la plaignante ne résistait même pas à l'évaluation la plus basique."
A propos de l'appel qu'elle avait donné à un de ses amants/maris emprisonné en Arizona :

This call was translated and certified as true and accurate by two Fulani-English translators. While differing in their precise word-for-word transcription of the call, both translations are materially similar in their discussions of making money with the assistance of a civil lawyer. On August 8, 2011, the complainant filed a civil suit against the defendant, seeking unspecified monetary damages.

Cette note 17 de bas de page devrait convaincre les derniers sceptiques that she was in it for the money. 

Une fois encore, une femme peut accuser de viol n'importe qui, elle sera crue a priori et plus encore si elle possède les fondamentaux de la comédie, ce qui est assez courant to say the least. Il est même écrit dans le rapport qu'à une question précise des enquêteurs elle s'est roulée par terre en feignant le désespoir. Come oooooooon...

Résultat des courses, on sait ce qu'a vécu DSK, je n'ai pas entendu parler d'excuses de la part du procureur (c'est partout pareil et depuis toujours) ni de réparations financières pour l'inimaginable préjudice qui lui a été causé.

Comme il est de rigueur - parce que telles sont les conséquences de la diffamation - on entend dire et on lit que DSK n'est pas innocent, c'est juste qu'il n'a pas été possible de prouver qu'il était coupable. 

On devrait enseigner aux enfants de 7 ans dans toutes les écoles du monde les deux adages latins :

"Affirmanti incumbit probatio" et "Quod gratis asscribur gratis negatur". Autrement dit, prouvez-moi qu'il n'y a pas de petits hommes verts sur la Lune et je vous croirai mais comme vous ne le pourrez pas, il y aura toujours un doute. Prouvez-moi que DSK (ou tant d'autres d'ailleurs) est innocent mais comme c'est impossible, il y aura toujours un doute. Prove me there's no God etc. Being a womanizer is one thing, being a rapist is another one.

Il est donc possible de mentir à plusieurs reprises à des enquêteurs judiciaires américains, de faire de faux témoignages sous serment devant un Grand Jury (which is a crime in the U.S!), d'accuser de crime quelqu'un qui certainement (il le reconnaît lui-même) n'a pas agi de la façon la plus intelligente qui soit, de frauder les services fiscaux et autres et life goes on in America... 

This woman is a delinquent et la justice new-yorkaise s'en lave les mains. Ah bon...


dimanche 18 septembre 2011

My teenage American girlfriend

 

The most unexpected letter I ever received in my life landed in my letterbox during the winter of 1983. The first thing that caught my attention was the American stamp on the envelope. Uh?

Inside was a letter in French from a young American girl. Uh?



She was a student in French and asked me how the French did celebrate on the third or fourth of January (that wasn't her precise wording of course).

Now this happened nearly thirty years ago and I don't precisely remember the details but I eventually found out - and maybe did she explain it in her letter- that her teacher (for some reason I imagine she had a female teacher) asked the students to pick up names randomly (probably in a phone book) and send letters to the French people whose names and adresses they would have found. And I was at the receiving end...

Needless to say I answered the girl, don't remember her name, about the Galettes des rois (that's how I remember it was during the winter) and congratulated her etc.

And I couldn't help thinking that was a brave move by the teacher (and an extremely positive and pedagogical one at that) that I considered at that time, and still do now, so symbolic of what is usually considered the American mindset at its best.

I explain: Here are the notions of  taking risk, being open minded, taking initiative, going outside of one's own little world and, aptly, making contact with people speaking the language the teenagers were learning.

I mean, what where the chances, that all letters would arrive by curious and interested French people who would take the pain to answer? Did all the students receive an answer? Not counting the addresses that weren't valid any more etc. So I imagined the teacher asked the students to write two letters just in case, 'cos it would have been so devastating for one or two of them not to get any letter back from France.

Now, I admit I was impressed by the pedagogical skills of the teacher and I sort of remember I asked the girl to congratulate her for her bright idea, just a bit worried that she may not receive my letter, stuff happens...

And then what happened will you ask? Well, I kept the letter of the girl for some months? Some years? Until I eventually lost trace of it, maybe during the time I spent in London between 1984 and 1985, but at the end of the day I was unable to possibly write her another letter.

That could have been the end of the story but not quite so.

Since I never forgot this episode, in the first months I had a computer (2003) I sent an email to the American association of teachers of French with the vague hope they could locate the teacher (by then, 2003, I think I still had a confused idea the letter was from the East Cost). To no avail alas, I never had any mail back, be it just to inform me they had received my query. Fair to say, twenty years had already elapsed betwen the day I received the winter letter and the day I wrote to the association. I could try again but it's been nearly thirty years now...

Thirty years... sigh... By now Isabelle must be 45, have married and mothered two or three puppies...

Now, Isabelle, is that you calling after me? 

vendredi 16 septembre 2011

A whiter shade of pale


65/35 c'est le score avec lequel Sarkozy sera réélu dans huit mois, à moins qu'une foudroyante attaque de choléra ne prive la France de son conducator.

Il y avait il y a deux jours une première prestation télévisée (que je n'ai donc pas regardée et que je n'aurais pas regardée de toutes façons) des candidats potentiels du PS mais, suivant tout de même un minimum ce qui se passe en politique intérieure (il y a pourtant tellement de choses plus enrichissantes à faire) je vois bien qu'aucun n'a la taille pour le job.

Programme : zéro, ils font leur boulot de fonctionnaires de la politique, il faut jouer le jeu de la compétition, de l'échange d'"idées" ou de déclarations/promesses et, à moins qu'ils aient tous perdu le sens du réel, il n'est pas possible qu'un seul soit raisonnablement convaincu qu'il a le niveau. 

Aubry avait essayé sa société du "care" il y a quelques mois, ça a fait pshiiitt évidement (sans compter ceux comme moi qui n'ont pas apprécié l'anglicisme, Hollande n'a jamais su prendre une décision de sa vie si ce n'est de se raser tous les matins, je ne sais même pas mettre un nom sur le deuxième bonhomme qu'on voit à gauche, c'est dire... Montebourg pour qui j'avais un préjugé favorable il y a une dizaine, quinzaine d'années (il a fait le ménage dans les tribunaux de commerce je crois me souvenir) me paraît devenu être l'opportuniste habituel de la scène politique, seul Valls est synchro avec les thèmes contemporains et il a peut-être l'étoffe mais il lui manque encore une dizaine d'années.

Royal s'est fait tellement dézinguée depuis 5 ans par les éléphants et par la droite, probablement parce qu'elle était la plus dangereuse, qu'elle n'a plus de légitimité d'autant que son imprévisibilité ne la sert pas.

La droite de son côté fait à peine mine de s'inquiéter pour la présidentielle, sûre qu'elle est de remporter la mise. L'entreprise sondagière, après avoir persuadé que DSK était le futur président, s'est mise à présenter Hollande comme le rival le plus dangereux de Sarko. Ne riez pas, cet ectoplasme doit le croire.

Il y a une telle détestation de Sarko (mais à la longue on s'habitue) que Hollande pourrait malgré tout être élu s'il n'y avait Marine Le Pen qui joue le rôle de l'allié objectif de Sarko.

Celui-ci sait bien que le discours sécuritaire qui lui a valu d'être élu il y a quatre ans ne peut plus resservir à présent, tellement il a n'a rien fait que des déclarations coup de menton de petit caïd. C'est un choix politique qu'il a mis en œuvre depuis les premiers mois de son mandat en prenant le contre-pied de ce qu'il prônait depuis toujours : Quasi rien n'a été fait en ce qui concerne le droit pénal, le statut des magistrats (intouchables), le nombre de policiers a diminué, ils sont quasi absents des banlieues chaudes mais omniprésents à Paris à tout le moins (ce n'est pas toute la France non plus mais c'est tout de même un indice) (ancien article sur le sujet il y a dix huit mois).

En ne jouant plus à fond la question de la sécurité et de l'immigration mais au contraire en l'entretenant par abstention, Sarko laisse cette thématique à  Marine Le Pen et organise ainsi sa campagne pour qu'elle soit au second tour, sachant bien que dans ce cas sa réélection sera assurée. Elle fera dans les 20% au premier tour l'an prochain et renverra Hollande en Corrèze si c'est ce Chamallow qui représente l'opposition. Au deuxième tour Sarko sera élu avec 65 % des voix (moins que Chirac malgré tout) parce que, même s'ils ne peuvent pas le voir en peinture, des millions d'électeurs de gauche préfèreront voter pour lui, intoxiqués qu'ils sont par leur propre délire FN = SS, Le Pen = Hitler et autres  con....s. 

Bonnet blanc et blanc bonnet comme il a été dit ici l'an dernier, le FN est le site miroir de l'UMP et réciproquement.

La gauche (ça n'est plus qu'une appellation) est inexistante et il n'y a aucune raison de croire que quoi que ce soit changerait radicalement si Aubry ou Hollande venaient à être élus, comme les choses avaient vraiment changé en 1981 (qui devient d'ailleurs une espèce de date aussi symbolique que 1936).

Sarko, que ça plaise ou non tient la boutique  parce que paradoxalement il a malgré tout la taille (oui, ça paraît étonnant mais c'est ainsi) que n'ont pas ceux d'en face.

Ce sont les Législatives de juin qui décideront vraiment qui détiendra le pouvoir mais puisqu'il s'est bien trouvée une bonne majorité pour soutenir Chirac après son 85% de mai, il est possible que Sarko ait les 51% qui lui assureront sa tranquillité pour les cinq ans à suivre.

Plus falots les uns que les autres, une traduction possible de Whiter Shade of Pale.            

jeudi 15 septembre 2011

What will the neighbours say?



No, wait, this is serious, Nietzsche will be called upon






mercredi 14 septembre 2011

Sissi et le 11 septembre

Je n'ai plus de télé et je m'en passe merveilleusement mais tout de même, j'ai la possibilité de m'énerver presque tous les jours en regardant quelques minutes ce qui est supposé nous informer et qui n'est que l'organe d'un système destiné à nous enfumer.

Dimanche c'était donc le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre et les media français ont fait comme leurs confrères du monde entier j'imagine, ils nous ont sorti des émissions ''spéciale commémoration'' avec diffusion et rediffusion ad nausaum des images que tout le monde connaît.

Une pseudo catharsis à l'échelle mondiale est organisée par les médias qui n'informent de rien du tout mais qui savent qu'avec ce sujet et les images qui vont avec, ils vont faire le plein de leur audience pour pas un rond : ce sont des images d'archives et des micro trottoirs que l'on diffuse, sûr de sa bonne conscience et de son professionnalisme. 

Contenu informatif : néant mais tout le monde est invité à partager la même gelée sentimentaliste qui noie dans sa viscosité toute capacité de réflexion et d'analyse.

Surtout c'est l'occasion de voir et de revoir des avions se crasher dans des immeubles, ça c'est du spectacle coco et on t'en donne, en veux-tu en voilà. L'avion vient de droite, et puis un autre avion arrive par la gauche, et en ralenti s'il vous plaît, on ne s'en lasse pas. C'est du voyeurisme pur et simple, le téléspectateur est dans son fauteuil ou à table et il ne faut pas laisser inassouvi son insatiable appétit de spectacles hors du commun.

Panem et circences encore et toujours mais évidemment c'est pour honorer les morts, pour se rassurer sur notre moralité occidentale qui elle tout de même est étayée par des valeurs qui interdisent ces horreurs et quand on voit ce que l'on voit, quand on sait ce que l'on sait, on a bien raison de penser ce que l'on pense. 

Ces soirées consensuelles portent un nom : Pornographie mémorielle !

Pujadas et consort organiseront-ils d'ici 18 mois une soirée spéciale les 10 ans de la guerre d'Irak, avec de belles images de Shock and Awe à Bagdad? Des entretiens compassionnels avec des rescapés d'Abou Ghraïb? Un reportage sur les centaines de milliers de morts (avec visite pèlerinage des cimetières) dont le criminel de guerre qui assistait à la "cérémonie" de ground zero est l'assassin par procuration?

Pour les medias télévisés, le 11 septembre et autres événements de ce genre c'est comme Sissi impératrice : Audience garantie, on diffuse la même bande à intervalle régulier, aucun esprit critique n'est requis (ce serait même plutôt mal vu) et ça entretient l'inaltérable vision d'un monde facile à comprendre où les bons sont d'un côté (le nôtre) et les méchants de l'autre.

Avant de se quitter ce serait dommage de ne pas en prendre une dernière non? Alors pendant le générique de fin, on va encore nous montrer les images des zincs au ralenti mais avec un petit plus, une petite sophistication à laquelle a travaillé toute notre équipe de pros : Ils coupent la bande son : plus de bruit d'ambiance, pas de commentaires, on est dans la sobriété hiératique qu'installe toujours le ralenti qui nous fait sortir du temps réel. On est au seuil de la transcendance là...

Ah je suis bien content de n'avoir plus la télé, j'échappe aussi bien à Sissi qu'au bourrage de mou quotidien des pseudo infos qui in fine présentent l'actualité et la marche du monde comme Sissi représente la vie quotidienne de ceux qui n'appartenaient ni à l'aristocratie ni à la bourgeoisie de l'Empire Austro-hongrois.

dimanche 11 septembre 2011

Is this supposed to be funny?



Anglo-Saxons songs are covered the world over in about every existing languages, Italian and Japanese films at the heights of their glorious period were distributed all over Europe and America, novels from all countries are translated in many languages from Arabic to Norwegian and from German to Korean and one may consider these exchanges are a positive effect of globalization (although there's nothing new here save the size of the audience market)

This is all fine and dandy but yet, there is a segment of the entertainment industry which has definitively stayed within national borders and it's the stand up comedians' performances.

Not that humor is absolutely confined to each and every national culture, although it certainly is a major factor when it comes to political references or strictly historical facts or characters. 

I've chosen Lenny Bruce because that's the first name I could think of, not being familiar with the American entertainment scene, but certainly hundreds of other comedians could as well have been picked up. Needless to say, I don't understand one single word of what he says and it probably is totally meaningless to a non-American listener.

But there's no doubt that there exist many, many comedians whose performances could be translated and re-enacted by European or Chinese comedians and it would be funny all the same.



Of course there are such stand up comedians in every country and culture in the world whose wit, quirks, repartees, imagination and observation skills could benefit to millions of people in the world, simply it seems this market is totally ignored by the entertainment business and I don't know why.

Above is a video of a French female stand-up comedian's act (she's also an actress, a theater director etc.) which I suppose could perfectly be translated into German or Polish and it would be as efficient in these languages as it is in French.

By the way, how funny is that comedian???



dimanche 4 septembre 2011

Encapsulated signification


 Il n’y a pas que les rêves qui peuvent nous permettent de se comprendre un tout petit peu mieux, il y a aussi les souvenirs conscients et parmi ceux-ci, les plus lointains, les plus ténus, les plus mystérieux, qui eux aussi nous présentent des énigmes.



Tous nous accumulons tout à fait indépendamment de notre volonté ou de quelconques critères de choix, des souvenirs, images et paroles voire sensations du corps, qui s'imposent à notre conscience et l'accompagnent tout au long de notre vie.

De toutes les minutes et les heures et les jours que nous avons vécus, l'inconscient choisit et met à notre disposition sous forme de souvenirs des éléments qui constituent autant d'indices sur ce que nous sommes.

Évidement, les événements les plus marquants s'inscrivent pour toujours dans nos mémoires, un accident, un deuil, un ensemble de faits vécus dont l'enchaînement nous a amenés à telle situation de notre vie, il n'y a là pas de mystère. Certains souvenirs cependant, parce qu’ils persistent à rester conscients alors même que nous n'accordons aucune importance particulière à l'événement auquel ils renvoient, devraient attirer notre attention. N'est-ce pas justement parce qu'ils sont porteurs d'une information que nous ne sommes pas capables de déchiffrer que nous les ignorons? Comme une image ou un tableau qui semblent n'avoir aucune particularité remarquable et paraissent n’avoir rien à nous dire. 

Et puis un jour, comme une bulle remonte du fond vaseux d'un étang où elle s'est formée pendant si longtemps, la signification cachée d'un souvenir s’offre à présent à nous. Et cette bulle, apparemment dérisoire quelques secondes auparavant, se découvre riche de toute une signification qui éclaire, pour peu qu’on sache en comprendre le message, toute une partie de notre histoire qui nous était jusqu’alors restée insaisissable. 

La plupart des individus je crois sont incapables de comprendre ce qui se joue dans leur inconscient, ils sont absents à eux-mêmes - c’est le propre de l’aliénation - et pourtant toutes les consciences sont sujettes aux mêmes processus de mémoire puisque l'humanité est une entité organique unique, au-delà des spécificités propres à chaque individu.

Si l'univers apparaît et disparaît comme apparaît et disparaît chaque nouvelle conscience individuelle, ce sont ainsi des milliards de bulles - c'est-à-dire d'univers donc l'univers - qui se forment et se libèrent à chaque instant pour s’évaporer tout aussi vite qu’elles sont restées enfouies dans les profondeurs de notre ignorance. Ce qui revient à dire que l'humanité dans sa généralité s'ignore elle-même et que l'intelligence dont elle dispose se perd dans la vacuité.


Dans sa création du monde, Jérôme Bosch peint un processus inverse mais semblable pourtant à celui ici suggéré : Dans cette sphère translucide qui paraît avoir surgi et flotter dans les limbes éternelles, c'est ici la Terre qui, au troisième jour de la Création du monde, émerge des eaux qui se retirent. Cette bulle géante qui contient le germe de la conscience réfléchissante dans laquelle elle sera amenée à se reconnaître n'est-elle pas le prototype même de nos misérables consciences individuelles?

Créatures pensantes, nous participons du principe vital qui anime la Terre et l'univers dont nous sommes issus et il suffit de peu de réflexion pour comprendre que chacun de nous reproduit à son échelle les mêmes phénomènes physico-chimiques que ceux qui animent l'univers. 

En faisant un parallèle avec les infimes bulles qui émergent sous forme de souvenirs à nos consciences individuelles et cette bulle elle aussi infime à l'échelle de l'univers, ne peut-on se poser la question :           

De quelle conscience cosmique la Terre et ses habitants sont-ils la mémoire ?

jeudi 1 septembre 2011

Aren't men stupid?





How and why Arnaud Lagardère should have learned a thing or two from Ned's counselling agency  (N.C.A inc)