Quand la reine d'Angleterre a visité les États-Unis en 2007, toute la bonne société de Washington se serait tuée pour avoir une place au dîner officiel donné à la Maison Blanche.
Ce rapport des anciens coloniaux vis à vis des descendants de leurs anciens maîtres est... inattendu et révélateur d'une espèce de nostalgie des temps anciens, de l'avant, que la monarchie britannique incarne de façon presque caricaturale.
On comprend bien sûr qu'il s'agit de retrouvailles de famille et que, d'une façon générale, la Grande Bretagne représente aux yeux de nombre d'Américains blancs la véritable racine de leur identité. Parce que je ne vois pas en quoi les Latinos, les Noirs, les Asiatiques américains ou les natives Indians peuvent se sentir le moins du monde concernés par les tribulations de la famille Windsor.
Deux bozos vont se marier d'ici quelques jours et il paraît que quelque 2,5 milliards de personnes suivront les cérémonies à la Télévision.
2,5 milliards d'individus! Cela représente le tiers de l'humanité et si l'on exclut les enfants, peut-être la moitié des adultes que compte la Terre!!!
On peut escompter quelques centaines de millions de Chinois qui n'ont historiquement presque aucun lien avec la Grande-Bretagne si ce n'est les guerres de l'opium au XIXè siècle qui ne sont pas vraiment de bons souvenirs pour la Chine mais aussi une honte pour les pays occidentaux.
Aux Chinois s'ajouteront les Indiens par centaines de millions également et qui ont subi l'oppression britannique pendant 2 siècles avant que leur guerre d'indépendance, semblable à celle des colons américains, aboutisse en 1947.
Aux États-Unis, on imagine que des dizaines de millions d'Américains suivront ce mariage qui n'affecte pas le moins du monde leurs vies (pas plus que le Chinois ou les Indiens) mais les masses ont besoins de rêver... Alors des histoires de prince, de reine, de royaume, de châteaux, de carrosses etc.
Il y a un siècle encore Britannia ruled the waves et son Empire était mondial. Sa puissance lui permettait d'exploiter les richesses de toutes ses colonies dont les habitant étaient les sujets de la reine Victoria.
Cette époque est passée, Britannia ne règne plus sur les océans et les richesses de la terre ni sur ses anciens sujets mais son règne s'est à présent déplacé dans les esprits.
La moitié de l'humanité adulte va, de son plein gré, virtuellement prendre part aux réjouissances familiales des descendants des oppresseurs de leur ancêtres.
S'il n'est plus immédiatement réel et matériel, l'impérialisme britannique n'en subsiste pas moins dans les esprits et au-delà même de ses anciens colons.
La moitié des cerveaux de l'humanité est encombrée de pareilles inepties! Trop forts les Anglais!
(For New Yorkers who want to take part it's here)