samedi 26 mars 2011

Paix et violence



Dans toutes les civilisations le corps a toujours été perçu comme une entrave pour l'esprit dans sa quête vers le divin ou une autre forme d'absolu spirituel. On peut cependant distinguer entre les cultures qui veulent asservir et mortifier le corps pour "libérer" l'esprit et celles qui permettent à l'esprit de se dégager de sa prison charnelle en apaisant simplement le corps et en le réconciliant avec l'esprit.

Considérons ces derviches tourneurs. Beaux costumes, musique lancinante au rythme entêtant, les pratiquants de ce rituel de la mystique soufie présentent un spectacle que les touristes à Istanbul mettent sur leur liste des "must see".

Observons comment les têtes des danseurs tournent à l'unisson des corps ce qui a pour effet nécessaire de donner le tournis et d'entraîner la chute de n'importe qui après une douzaine de rotations. Mais ce sont là des professionnels, eh oui, de l'extase tous les jours de 15 h à 21 h, je ne m'étonne donc pas que l'Islam orthodoxe condamne les pratiques de la Sama'.

C'est au son d'une musique lancinante scandée par une percussion assourdissante que les derviches tourneurs sont supposés abandonner leur soi au sein de la présence divine.

Mais qui ne serait en état de perdition mentale après avoir tourné cent fois sur soi au son de tambours abrutissants avec pour résultat une complète perte de contrôle de ses capacités mentales?

Je rapproche ces pratique infantiles des hochements de têtes des Juifs en prière ou devant le mur des lamentations comme des élèves des madrassas islamiques qui apprennent le Coran en secouant la tête en signe de refus de la condition humaine qui est leur.

Ces violences et maltraitances faites au corps -et particulièrement au cerveau- sont à l'opposé des pratiques indiennes et particulièrement bouddhistes dans lesquelles le pratiquant parvient à l'éveil par différentes formes de méditation ou de yogas.

En aucune façon le corps n'est mortifié ou maltraité par les pratiques bouddhistes ou hindoues, bien au contraire c'est l'apaisement de la relation avec le corps qui est recherché.

On remarque combien les trois religions monothéistes au travers de certaines de leurs pratiques mystiques (flagellation et ascèses chez les Catholiques notamment) ont recours à la violence (physique et mentale) là où les Hindous et les Bouddhistes en particulier recherchent la paix.

Le spectacle des derviches tourneurs peut être plaisant à regarder (50 £ turques l'entrée) comme celui des Musulmans engagés dans un dihkr peut être fascinant  mais j'y vois in fine beaucoup de violence subliminale et guère de spiritualité.

9 commentaires:

Anijo a dit…

I've been attempting to guess what this post concerning whirling dervishes might be about. I had never seen a video of them.

Flocon a dit…

Are my teasers efficient Anijo? ;-)

Il y aura un peu de corps/esprit, méditation, mais comme je n'ai pas encore écrit un mot je ne sais pas vraiment comment cela se terminera...

1- I search for an idea
2- The title and the picture come along easily within minutes.
-3 The writing part awaits me and it represents 98% of the task.
-4 Then I shorten the post for fear of being lenghty (Need I give names? wink wink).

J'essaierai de le mettre en ligne demain.

Anijo a dit…

Flocon,

The way that you develop your 'billets' is similar to the way that I develop my paintings. Stream of consciousness plays a role.

Have you previously noted the French phrase for 'stream of consciousness? If yes, I forget and beg you to please explain to me once again.

Your teasers have indeed become more and more efficient.

Flocon a dit…

I ain't no writer or artist in any way but I think intuition has much to do with creativity.

Some ideas come in a flash and realise within one hour while other ideas wait at the threshold of consciousness for days, weeks, months and even years before the artist has attained the required level of maturity and expertise in order to make his idea come to life.

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Wiki prefers courant de conscience mais mentionne flux de conscience as well.

L'article se situe dans le cadre de la création littéraire.

Anijo a dit…

Oh yes, you have previously used the phrase "flux de conscience". Thank you.

I enjoy comparing writing, music, painting and other art forms. There is some intution involved. At a certain point it is the work itself which directs one in which direction to proceed.

Christine a dit…

Il y a tant à voir à Istambul! Je n'ai jamais eu envie de me donner le tournis...avec ces "tourneurs".
J'ai le souvenir d'une belle après-midi d'août au parc Yildiz,un dimanche, à pique-niquer au milieu des familles stambouliotes venues dans ce parc se délasser, jouer avec leurs gamins, faire la sieste... Un grand luxe!

Flocon a dit…

Christine,

"une belle après-midi d'août au parc Yildiz,un dimanche, à pique-niquer au milieu des familles stambouliotes venues dans ce parc se délasser, jouer avec leurs gamins, faire la sieste..."

Un peu comme au bois de l'hôpital alors? Ou comme dans le bois du Bohy?

Christine a dit…

??? Moi pas comprendre l'allusion, Flocon!
Ne pas visiter ce qu'il FAUT absolument visiter... Ne pas suivre le troupeau et partager des moments simples à ne rien faire -parce qu' on est en vacances tout de même- est un grand privilège.

Flocon a dit…

Christine,

C'était assez elliptique je reconnais mais votre phrase m'a fait penser qu'il n'était nul besoin d'aller à l'autre bout du monde, ou du moins en Turquie pour

pique-niquer au milieu des familles (xxxxxxxx) venues dans ce parc se délasser, jouer avec leurs gamins, faire la sieste une belle après-midi d'août au parc (xxxxxxxx) un dimanche

On peut faire la même chose au bois du Bohy ou au parc de la Villette à Paris.

"Je hais les voyages et les explorateurs"...

Comme dit le Tao Tö King :

Sans sortir de chez moi je peux connaître les chemins du ciel.
Plus loin on voyage et moins on en sait.
(de mémoire).

Je m'aperçois que ma réponse pouvait être blessante, telle n'était pas mon intention comme bien vous pensez.

J'imagine que cet après-midi vous est un souvenir précieux donc inviolable comme j'espère que vous en avez d'autres qui justifiaent d'aller à Istambul.