lundi 21 mars 2011

Walmart in China


L'homme est par nature un animal politique nous a dit Aristote il y a 2.300 ans. Cent ans plus tard, Plaute formulait la sentence Homo homini lupus qui sera reprise par Hobbes pour justifier l'existence du Léviathan.

Celui-ci nous protège de nous-mêmes en échange de l'abandon volontaire d'une partie de notre liberté. Le Léviathan est cependant structuré par un système hiérarchique qui permet aux pulsions dominatrices et destructrices de l'homme de se donner libre cours dans le cadre des lois édictées par la Cité.

Le moindre fonctionnaire de n’importe quelle administration où que ce soit dans le monde fait partie du système de régulation de la société qui l’emploie et le rémunère et à ce titre trouve une jouissance particulière et adaptée à son niveau hiérarchique à dominer son inférieur comme il accepte l’humiliation de subir l’autorité de celui qui est son supérieur. Ce sont les termes du contrat passé avec le Léviathan

Il en va de même évidemment avec les corps que sont les armées, les polices, les systèmes judiciaires et toutes les autres entités mises en place par l'État. Elles canalisent et détournent à leur profit les énergies antagonistes des individus.

L’entreprise moderne, qu’elle soit capitaliste ou collectiviste, reproduit exactement la structure hiérarchique des corps précités, elle fonctionne de la même façon car on y retrouve les mêmes schémas mentaux et psychologiques.

Partout il se trouvera toujours suffisamment d’individus auxquels les conditions économiques et sociales donneront l’occasion d’épancher leurs pulsions sadiques archaïques de domination et de soumission de leurs prochains.

Ainsi, que ce soit chez les employés chinois de Walmart ou les employés brésiliens de Carrefour, chez les employés vietnamiens de Thyssen ou les salariés sud-africains de Ikéa, il se trouvera toujours des centaines et des milliers de petits chefs en puissance qui se contenteront du pouvoir qui est mis à leur disposition pour assouvir de façon à peine masquée leur désir de soumission de leurs subordonnés qui, eux-mêmes, -s'ils en avaient la possibilité- ne manqueraient pas de se soulager sur leurs tourmenteurs.

Ce ne sont ni le capitalisme ni la mondialisation qui créent l'exploitation de l'homme par l'homme, les conditions de cette domination résident dans la nature même de l'homme.


S'il restait deux hommes sur Terre, le survivant cirerait ses bottes avec la graisse du vaincu.
Schopenhauer

4 commentaires:

Anijo a dit…

Pas d'antiaméricanisme dans ce billet...

Flocon, tu veux nous rassurer, SemperFi et moi ? ;)

Flocon a dit…

Oui! :-p

I can make it IKEA in South Africa if you wish. Or Siemens in Cambodia at will...

Ned Ludd a dit…

As to "anti-Americanism", the modern leviathan was instituted by the American Supreme Court in the 19th century when it recognized the corporation as an individual.

That has to be one of the most stupid decisions in history. Now the leviathan is no longer the Hobbes state, but a small group of multinationals controlled by no one.

Flocon a dit…

"That has to be one of the most stupid decisions in history"

World history or simply US history?

As pertains France I've always thought it was the Révocation de l'édit de Nantes (Edict of Fontainebleau).

Another stupid decision based on religious intolerance and bigotry.