samedi 13 décembre 2008

Les yeux ronds





Il y a plusieurs quartiers africains à Paris, notamment autour de la station Château d'eau.

On y trouve beaucoup de commerces adaptés à la clientèle locale, entre autres épiceries, coiffeurs et salons esthétiques. Les femmes noires viennent se faire défriser les cheveux de telle sorte qu'ils soient aussi lisses que ceux des européennes.

De même, les salons esthétiques vendent des crème blanchissantes (dangereuses) qui tendent à les faire s'éloigner de leur négritude.

Albert Mémmi (portrait du colonisé, portrait du colonisateur) a bien analysé ce mécanisme qui amène nombre de colonisés à s'approprier les valeurs et les symboles de leurs colonisateurs.

Tropisme européen.

De la même façon, nombre de Japonaises se font débrider les yeux pour paraître occidentales. Sans doute les Chinoises vont-elles s'y mettre aussi à présent.

Souvenons-nous que les Japonais, quand ils découvrirent les Américains/Européens, les appelaient : Les Yeux ronds

Est-ce la raison pour laquelle les consternants dessins animés japonais que diffuse à longueur de journée la 5 (Chaîne du savoir et de la connaissance!!!) présentent des personnages avec d'immense et disproportionnés yeux ronds???

Encore un tropisme européen?

mardi 9 décembre 2008

Depuis la nuit des temps.




Pourquoi cette expression met-elle le temps au pluriel? Comme dans "Jusqu'à la fin des temps" ou encore à l'origine des temps?

Il en va de même en anglais il me semble et aussi en allemand. Zum Ende der Zeiten (Ca fait bizarre tout de même).

Origine liturgique et biblique je suppose, encore qu'à l'époque la distinction entre le temps newtonien, la durée bergsonienne et le temps/espace d'Einstein ne devait pas être très marquée...

Jusqu'à la fin des temps peut-il s'appliquer à moi, sujet unique et pensant? Je le pense en me référant à la célèbre trouvaille de Kant dans son esthétique de la Critique de la raison pure : Le temps et l'espace sont les formes a priori de ma sensibilité.

Schopenhauer précise encore cette pensée en affirmant que temps et espace disparaissent avec chaque individu (même les animaux) qui meurt.

Cela semble une évidence qui paraît pourtant facile à contester : le monde ne continue t-il pas à vivre, être, alors même que nous n'y sommes plus?

L'erreur qui fonde cette contestation -sur laquelle se fonde également notre peur de la mort ou du moins notre crainte de quitter la vie- vient de ce que notre imagination se représente l'après alors même qu'elle n'aura jamais aucune réalité pour nous.

Nous nous représentons cadavre dans un cercueil, considérant du fond de la tombe notre double vivant nous observant dans notre caisse. Il y a là bien sûr une totale impossibilité logique puisque nous ne pouvons pas être et avoir été. Jamais nous ne pouvons nous représenter l'avant de notre être hic et nunc puisque nous n'avons pas de repère sur lequel notre imagination pourrait se fonder.

Pour celui qui n'est plus (la mort n'existe pas, ce n'est pas un état) il n'y a plus ni temps ni espace. C'est sa faculté de représentation qui le persuade, tant qu'il vit, que les choses continuent à être quand lui n'est plus.

Quand je meurs tout disparaît et si je me représente la vie continuant sans moi c'est une illusion de mon imagination. Il n'y a d'objet qu'en tant qu'il y a un sujet pour se le représenter.
Le monde continue à être parce qu'il y a (de plus en plus) de sujets pour se le représenter.

Depuis la nuit des temps peut donc s'interpréter comme "depuis qu'il y a des êtres" (des sujets, même des dinosaures) pour qui le temps et l'espace sont les outils qui les mettent en relation avec le monde.

Le monde n'existait pas avant qu'il y ait des sujets pour se le représenter. Et si l'on pense à ce temps antérieur à l'apparition des êtres vivant c'est que nous nous le représentons à présent et rétrospectivement. Produit de notre faculté de représentation.

Les planètes extra solaires qu'on commence à découvrir existaient-elles avant que nous les découvrions? Ben non, puisque il n'y avait pas de sujet pour se les représenter. De même qu'apparaîtrons peut-être des choses que nous ignorons actuellement et connaîtrons ... plus tard. Pour l'instant elles n'existent pas.

Jusqu'à la fin des temps peut donc signifier : jusqu'à la disparition du dernier sujet. Le temps et l'espace se perpétuant au travers de chacun d'entre nous, êtres vivants.

(bon, je l'accorde, on frôle là le solipsisme...)


mardi 2 décembre 2008

1%




Les billets de ce blog ne sont pas exempts de fautes d'orthographe, fautes d'accords, syntaxe et autres barbarismes. Je ne suis donc pas bien placé pour faire des remarques à ce sujet.

Je ne m'en excuse pas ce qui serait une auto absolution, mais je prie les lecteurs de bien vouloir accepter mes excuses! Ou bien encore je leur présente mes excuses. Mais en aucun cas on ne s'excuse soi-même.

Dans le même ordre d'idée de correction linguistique, on ne dit pas un espèce de... Nul besoin d'explications.

On n'écrit pas un soit-disant médecin mais un soi-disant médecin. C'est lui qui se dit médecin. La formule "soi-disant" ne s'applique qu'aux personnes sinon on dira un prétendu remède miracle (ou n'importe quoi d'autre).

Conséquent ne veut pas dire important (on n'entend que ça) mais comme étant la conséquence de quelque chose.

Quasiment est fautif, quoique admis, et s'apparente à presquement.

Je suis allé à Madrid et non j'ai été à Madrid. Être allé quelque part et avoir été étudiant ou soudeur sont deux choses différentes. C'est pour cela qu'il y a deux auxiliaires.

Beaucoup plus inattendu: On n'écrit pas autant pour moi mais au temps pour moi. Je vous laisse le soin de faire les recherches (indice : cela a rapport avec la chose militaire).

La forme interrogative semble avoir disparu. Comment vous avez connu untel? Vous pensez quoi de la crise?

Je me souviens encore de Mademoiselle Legrand, mon institutrice de CM1 qui nous apprenait qu'un s entre une voyelle et une consonne se prononce SSSEEE et non ZZZEEE. Donc athlétisssme et non athlétizzzme.

Mais ce qui me hérisse le plus le poil c'est de lire boîte aux lettres là où devrait être écrit boîte à lettres.

Comme boîte à outils, silo à grains, coffret à bijoux, pot au rose (rien ou peu à voir avec la fleur, c'est une couleur de maquillage que les dames du Moyen-âge gardaient dans un pot conçu à cet effet), armoire à jouets etc.

Si toutes les plaques boîtes aux lettres étaient remplacées par boîte à lettres il y aurait de quoi accroître de 1% le PIB national!

Maintenant, à votre tour de me faire remarquer toutes mes impropriétés... ;-)


vendredi 28 novembre 2008

Simone




Il y avait hier soir un documentaire sur Lévy-Strauss sur ARTE. Molto interessante! J'ai plus appris sur le structuralisme en 1 heure qu'en 20 ans de flâneries dans les dicos. Maintenant il faudrait que je lise les 5 Mythologiques...

Claude Lévy-Strauss est depuis 1973 membre de l'Académie française. Il vient d'être rejoint par Simone Weil dont on ne voit pas qu'il se serait opposé à son élection.

J'ai regardé la bio de S. Weil sur WIKI pensant y découvrir quelque talent particulier, une oeuvre, un achèvement quelconque mais non, c'est une magistrate devenue politicienne comme il y en a d'autres. Bien que la dame soit tout à fait respectable, les raisons de son accession au fauteuil n°13 m'échappent (façon de parler).

Curieuse Académie tout de même qui compte des universitaires de pointure mondiale en son sein, tels Lévy-Strauss et Jacqueline de Romilly et des Giscard précédant Simone.

Ne nous étonnons pas d'y retrouver prochainement un Raffarin qui y trouvera consolation de n'avoir pu être élu président du Sénat. Quelle époque...

jeudi 27 novembre 2008

Fastoche!

Alors moi aussi je peux frimer auprès des gonzesses?


在這裡看到

mercredi 26 novembre 2008

Ah si vous connaissiez ma poule!




Du rare de chez rare!!! (je ne connaissais pas; d'ailleurs je ne connais pas tout le répertoire de Gainsbourg. Chouette! il me reste des découvertes à faire)

jeudi 20 novembre 2008

Christmas my mother

 Drôle de titre penserez-vous en le voyant illustrer une photo de Mamère.

Ce n'est pas de moi en fait mais du Canard Enchaîné il y a une bonne vingtaine d'années à présent. C'était à l'époque où Mamère sévissait sur la 3 (pas sûr, peu importe) et où il recevait une actrice américaine francophone qui souhaitait s'exprimer en français. Bon, pour une fois, il fallait tout à la fois l'en remercier et l'encourager. Et ce crétin de Mamère d'insister pour qu'elle parle anglais alors même qu'elle voulait s'exprimer en français sur une chaîne française.


Ça en devenait gênant jusqu'à ce qu'à force d'insister la malheureuse s'est résolue à parler anglais. Goujaterie du bonhomme qui fait donc partie des Bourguignons. Depuis, je ne peux plus le sacquer. Ce n'est pas une rumeur, je l'ai vu de mes yeux vu!!!

Dans le même registre de la soumission à la langue anglaise j'étais passé il y a quelques temps devant une charcuterie près de St Philippe du Roule qui s'intitulait fièrement "The little pig". Ça, ça m'a tué! le proprio s'imagine t-il qu'il augmentera son chiffre d'affaires avec une telle enseigne?

Combien de "pressings" pourraient tout aussi bien s'appeler laverie? Y lave t-on mieux le linge?

La première fois que j'ai été choqué par cette intrusion massive et inutile dans notre langue de termes anglais c'était en 1969 quand le magazine Best mettait en couverture que les lecteurs trouveraient un poster à l'intérieur. Bon, comme ça j'ai appris le terme anglais pour "affiche".

Les exemples abondent malheureusement du ticket à la place du billet (contrôle des billets s'il vous plaît), du tennisman alors que joueur de tennis convient parfaitement, comme joueur de rugby au lieu de rugbyman.

Quand Edith Piaf ou M. Chevalier ou C. Aznavour sortaient des 33 tours il était indiqué sur la pochette que l'enregistrement était public. C'est fini ça, les ringards. Maintenant c'est en direct live (on notera la redondance) alors qu'il y a encore 20 ans c'était en live. Ça n'a pas suffi, il a fallu préciser que c'était en direct. Merci Canal + !

Encore plus ridicule, la navette ferroviaire entre Paris et Londres s'appelle Le Shuttle. Ouais, et si on l'avait baptisé the navette, cela n'aurait pas eu l'air complètement c.? J'imagine que les Anglais eux parlent de the shuttle et non le shuttle.

Tout le mal à mon sens vient des media français, dans lesquels écrivent des gars qui ont un niveau d'anglais proche de la quatrième et qui compensent leur médiocrité en feignant de maîtriser leur affaire alors que l'immense majorité d'entre eux ne sont tout simplement pas capables d'entretenir une conversation en anglais.

Je connais une radio (radio courtoisie) qui fait le plus grand effort pour keep at bay les expression anglaises qui peu à peu délogent nos mots français.

Dernier exemple d'anglisisation qui m'est insupportable. Quand les politiques ou journalistes disent: le problème dans ce pays est que etc. Ce pays? De quel pays est-il question? Ben du nôtre évidemment mais ils traduisent mot à mot l'anglais "In this country". Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi ce ne serait pas aussi fautif en anglais?

Je ne suis pas contre d'ailleurs l'usage de termes anglais (Baudelaire et le spleen) quand nous n'avons pas l'équivalent en français, surtout dans le domaine technique, mais dans la vie courante, nous sommes tout à fait équipés.

Voilà ce que donne l'esprit de soumission doublé de l'oubli de soi-même. Quelle misère...

jeudi 13 novembre 2008

Mythes



Je me suis baladé sur des blogues républicains américains récemment; Nom de Dieu, ça craint!!!

Des drapeaux dans tous les coins, du God bless America en veux-tu, en voilà; Jésus est de la partie, citations extraites des deux testaments, soutien inconditionnel à Israël, des animations pour défendre le droit au port d'armes, les Yourpins sont des commies dont il faut à tout prix protéger our great Nation.

Surtout, surtout, deux thèmes sont obsessionnels: Freedom and our brave and glorious soldiers who protect our freedom.

Un univers parano qui fait peur.

Concernant la prétendue freedom, pour un pays qui a connu un siècle d'esclavage et un autre siècle de déni de droits civiques pour une partie de sa population, ils ne manquent pas d'air.

La liberté pouvait être revendiquée au 17è siècle relativement aux persécutions religieuses en Angleterre. Je me demande d'ailleurs dans quelle mesure il y avait "persécution". A ce que je sache, ce n'était pas de l'ampleur de la St Barthélémy ou de la révocation de l'édit de Nantes. Des sous-sectes protestantes tout au plus.

Mais question freedom dont les Américains se revendiquent les champions, je ne vois pas en quoi ils sont plus libres que les Européens ne le sont à présent.

Certes ils sont libres de se faire plumer par les banques et autres compagnies d'assurance, de se faire trouer la peau par le premier déséquilibré venu (au sein même d'une église parfois) armé jusqu'aux dents ou de ne pas bénéficier d'une couverture sociale universelle.

La liberté formelle on appelle ça.

Quant aux brave and glorious soldiers who fight and have died to protect our freedom, when was exactly the last time this happened???

In Iraq? In Afghanistan, in Somalia or in Nicaragua? Unless they mean the Vietnamese? The Korean war?

Were these countries a menace to American freedom? Even the Germans declared war on America due to the diplomatic ties they had with the Japanese who themselves attacked in Pearl Harbour, to protect what they though was their sphere of influence. In any case, had the Germans nor the Japanese any intention to invade the US and deprive Americans of their freedom.

The same for 1917-1918. Were the Phillipinos a threat to America in 1899? Or the Mexicans in 1848?

En réalité les Américains n'ont jamais été menacés par qui que ce soit mais les US sont bien le pays qui a été le plus expansionniste et le plus agressif depuis sa fondation.

Et ils répètent leur mantra de freedom et our glorious soldiers à tous vents.

Qui plus est, ce ne sont pas uniquement les Républicains qui s'enivrent de ces mythologies, nombre de démocrates partagent ces délires de persécution.

Comme je l'avais lu il y a longtemps dans un journal anglais (une lectrice): Américans are lovely as individuals but collectively, it's a disaster.

vendredi 7 novembre 2008

mardi 4 novembre 2008

Aux armes et caetera





Il y a quelques semaines la Marseillaise a été sifflée lors de la rencontre France-Tunisie. C'était couru. Après le Maroc et l'Algérie, les centaines ou milliers de Français d'origine tunisienne de deuxième voire troisième génération se devaient de faire aussi bien...

On peut ne pas être choqué de "l'outrage à l'hymne national" ou même y être indifférent. Ce qui devrait inquiéter c'est que ce sont des Français qui ont hué leur propre hymne. Traduction: ils sont dans la détestation de leur pays de naissance qu'ils ne reconnaissent pas comme tel mais se considèrent fondamentalement Tunisiens (ou Marocains ou Algériens).

Bonjour l'intégration. Faudrait peut-être y mettre aussi du sien.

Et pourquoi jouer les hymnes nationaux au début des matchs de foot, de rugby ou que sais-je? Et pourquoi pas la levée du drapeau et la revue des troupes? Les règlements internationaux voudraient-ils exciter les sentiments nationalistes des masses pour chauffer l'ambiance?

Cela dit, les paroles de la Marseillaise sont vraiment à siffler à présent. D'ailleurs les paroles des hymnes nationaux du monde entier ne sont guère à recommander comme anthologie poétique...

En 1992, aux JO d'hiver à Albertville, pour la cérémonie nocturne d'ouverture, les gentils organisateurs avaient eu la brillante idée de mettre une gamine de 14 ans à peine sur une piston élévateur pendant qu'elle chantait a capella

mugir ces féroces soldats,
égorger nos filles et nos compagnes
qu'un sang impur abreuve nos sillons etc.

Bonjour le message de bienvenue aux visiteurs étrangers...

Le mieux ne serait-il pas de ne pas chanter la Marseillaise s'il faut vraiment la jouer?
Ou mieux, diffuser la version de Gainsbourg, la moins ringarde de nos jours.

jeudi 30 octobre 2008

Homo homini lupus




J'ai lu quelque part que la race humaine avait, en cumulé, atteint le nombre de 90 milliards d'individus. Depuis Croc-Magnon? L'homo sapiens? Peu importe, restons sur ce chiffre, plausible, de 90 000 000 000 d'êtres humains.

Question : De quand datent les premiers délabrements mentaux? Certainement il y avait des schizophrènes à Babylone comme il y avait des paranoïaques sur les bords du Gange il y a 10.000 ans.

La question ne se pose peut-être même pas de cette façon. L'émergence de l'humain à partir de la bête a supposé un très, très long effort d'autonomisation et de distanciation d'avec l'animalité. Le psychisme tel que nous l'entendons est issu de ce processus.

Les névroses et autres psychoses supposant un certain niveau d'élaboration du psychisme, on peut supposer que les hommes des cavernes ne connaissaient guère les névroses, si ce n'est des linéaments de ce que nos comprenons comme tel à présent.

La multiplication des troubles mentaux irait donc de pair avec l'accroissement de nos facultés. Comme quoi nous ne sommes pas tirés d'affaire, il y aura de plus en plus de "perturbés" qui n'ont pas pu accéder à un niveau acceptable de civilisation. Chaque homme dans sa nuit dirait Julien green.

Il est en quelque sorte miraculeux que nous ne nous sautions pas à la gorge les uns les autres mais rassurons-nous, collectivement nous n'avons cessé de le faire depuis la nuit des temps.

Et l'on voudrait me faire croire que nous ne vivons pas dans un infernal asile d'aliénés?


(Il aurait fallu que je lise l'Histoire de la folie de Michel Foucault avant de commettre ce billet...)

mercredi 22 octobre 2008

Copains




Je n'ai jamais lu un seul album d'Enki Bilal. Belle affaire me direz-vous, je ne suis pas le seul.

Mais tout de même, lui et moi avons partagé nos 7 ans de lycée, pas seulement dans le même établissement mais dans les mêmes classes. Ses dons pour le dessin étaient déjà évidents et il était d'abord connu pour ça. Et son extrême gentillesse. Bref nous étions copains et je lui passais mes albums de Spirou en 1963. Dans un entretien à Libé il y a plus de 20 ans (pas le courage d'aller chercher l'article pour préciser la date) à la question d'où lui était venu son goût pour la BD il avait cité un copain de lycée etc.

Il semblerait normal donc que j'aie lu tout ou partie de son œuvre.

Il avait participé à un concours lancé par le journal Pilote et il l'avait gagné. Ce qui lui avait valu d'être publié en 1970 ou 1971. C'est loin tout ça...

Mais voilà: les BD je m'en suis rassasié de 6 à 12, 13 ans et je suis passé à autre chose.

Son style est immédiatement identifiable, personnel mais sans contester le moins du monde son talent, je me demande s'il sait ce qu'est le mouvement. Toutes ses planches me font l'effet d'être une succession d'images toutes plus statiques les unes que les autres.

Par ailleurs, a t-il jamais dessiné un personnage souriant?

Il sait ce que sont la couleur et le graphisme mais son univers désespéré et, d'après ce que j'en ai saisi, trop manichéen, ne m'incite pas à le lire.

Mais je parle sans doute (certainement) de ce que je ne connais pas. Il faudra donc que je me résolve à emprunter un ou deux de ses albums à la bibliothèque. Quitte à faire amende honorable...


mardi 14 octobre 2008

A la surface





ARTE a diffusé hier un des documentaires de B. Monsaingeon consacré à Glenn Gould. Et une fois encore j'ai entendu un interprète parmi les plus grands exposer que plus il travaillait l'œuvre de tel ou tel compositeur plus il la découvrait et plus il en admirait la prodigieuse splendeur.

Il y a 40 ans c'est Arthur Rubinstein que j'avais entendu dire la même chose. Pianistes ou violonistes, tous s'accordent sur ce point que n'importe quel mélomane un tant soit peu averti ne peut qu'humblement accepter.

C'est une chose que de suivre, avec la partition éventuellement, les Variations Goldberg ou la Sonate n°4 en mi bémol majeur de Mozart, c'en est une tout autre que de reconnaître l'architecture intérieure, faute d'une meilleure expression, de ces œuvre et de toutes les autres.

Et encore la musique est-elle, à mon sens, l'expression artistique la plus facilement accessible. Pas d'effort (de lecture) à faire comme pour la littérature, pas d'interprétation symbolique comme pour la peinture; la chorégraphie ou la sculpture sont-elles mêmes abordables sans une sérieuse formation a priori?

Nous croyons entendre et nous n'entendons rien, nous croyons voir et ne voyons rien. C'est une lapalissade évidemment mais le visiteur du musée des Arts Primitifs ne voit pas les mêmes objets selon qu'il vient d'Europe ou d'Océanie.

Un auteur avait rendu visible dans un de ses romans l'architecture de La vie mode d'emploi, Georges Pérec, un peu comme les architectes du Centre Beaubourg à Paris. Mais au fond, ce n'était qu'un dévoilage partiel et dans le cas de Pérec, cela faisait partie de ses "contraintes".

Il n'empêche, je me sens désespérément éloigné de tout espoir de pénétrer davantage Le clavier bien tempéré. N'est pas Glenn Gould qui veut non plus... Je reste sur la surface à deux dimensions d'un monde qui en compte plus de trois.

Peut-être les Haikus offrent-ils une possibilité d'emprunter la voie qui mène à la transcendance?



(J'avais consacré un billet il y a un an sur ce même thème mais Blogger, qui n'est décidément pas fiable, n'a pas gardé trace de l'illustration, un fragment d'un G. de La tour)

vendredi 10 octobre 2008

Le Nobel de théologie


(Ce billet a été publié il y a un an. On sait bien que la crise financière actuelle est la conséquence d'un laxisme invraisemblable dans la gestion des opérations à risques bancaires. Il n'empêche...)


Le "Nobel" d'économie 2007 vient d'être décerné à 3 Américains (surprise!). On est content pour eux mais tout de même, on prend la liberté de poser quelques questions: A quoi rime cet exercice d'auto congratulation?

A qui viendrait l'idée de se demander quelles avancées, quels progrès de la condition humaine ont apportés les Nobel de physique, chimie et médecine? Considérons les prix décernés dans ces 3 disciplines depuis 100 ans et chacun comprendra bien en quoi la plupart des travaux distingués ont contribué au bien-être de l'humanité. Certains cependant ne sont pas interprétés à présent comme ils l'étaient il y a un siècle.

Les prix Nobel de littérature permettent de découvrir des oeuvres qui, peut-être n'auraient pas accès à la notoriété qui leur est ainsi octroyée. JM.G LeClézio par exemple...

Le prix Nobel de la paix (norvégien) au fond suscite déjà plus d'interrogations.

Mais le prétendu prix Nobel d'économie est une farce qui ne concerne que les initiés d'une secte qui s'auto congratulent.

En se présentant comme l'outil d'analyse sociale ayant le plus de rapport avec le réel de toute l'humanité, l'économie se présente pour plus qu'elle n'est et surtout pour beaucoup plus qu'elle ne peut. 39 prix décernés à 61 économistes (99,99% de la sphère occidentale). Avec un tel aréopage de sommités, on pourrait croire que les maux les plus endémiques de l'économie mondiale sont en train d'être résorbés à jamais. Chômage, croissance, pouvoir d'achat, investissements, pauvreté etc ne sont plus que lointains souvenirs d'une humanité dépourvue des lueurs de nos savants économistes.

Autrement formulé, à quoi ont jamais servi les travaux honorés du prix Nobel d'économie? Où en a t-on jamais vu une application effective avec des résultats probants quant à la pertinence des analyses?

Ce ne sont toujours que des recherches d'économétrie qui sont récompensées et qui n'intéressent que les quelques centaines de professeurs/chercheurs en économie qu'on retrouve toujours au sein des universités anglo-saxonnes. Tous ces travaux n'ont aucune application pratique mais, sous le couvert de l'appelation "économie", ils prétendent à une scientificité qu'ils n'ont pas plus que n'en auraient des recherches (il y en a!!!) en théologie.

A quand le prix Nobel de théologie à un moderne Thomas d'Aquin pour ses travaux sur le nombre d'anges qu'il est possible de faire tenir sur une tête d'épingle?

samedi 4 octobre 2008

Certificat médical





Qu'il était horripilant Monsieur bling-bling pendant les premiers mois de son mandat avec ses Ray Ban constamment vissées au nez.

Mais ça semble fini à présent. Je ne crois pas qu'il ait changé de style ni de fournisseur mais bien plutôt qu'il a dû se résoudre, sur les conseils de son équipe de communicants, à s'en passer.

Mais cet horrible et exaspérant rictus qu'il arbore dès qu'il est à l'extérieur, particulièrement au soleil, ne signale t-il pas une hyper sensibilité à la lumière qui porte certainement un nom en ophtalmologie (genre antonyme de nyctalope...)

Bon, ça ne me le rend pas plus sympathique pour autant mais si mon hypothèse est exacte, accordons-lui tout de même une excuse médicale pour son port de Ray Ban (Encore qu'il y ait d'autres marques sur le marché..)