mercredi 23 février 2011

Close your eyes

What a fine piece of music eh? Too bad there was just a picture of Bud Powell to look at while listening. Wouldn't have a video add some more pleasure to it? Wouldn't we have better enjoyed Bud Powell's Some soul had we have the possibility to see him and his musicians perform?

Please, take the time to listen to the Lyric Suite by Alban Berg on the right sidebar. You may not like it but just in case you do, do you miss not to see the four musicians playing? And we don't even have a picture of them or one of  the composer! How much would such images help us in better enjoying this piece for string quartet?

Let's have another try with this excerpt of Ariadne auf Naxos by Richard Strauss.

Don't know about you but if I ever had a chance to get into that opera it's been definitively ruined by the sight of this plump woman surrounded by these young men in swimsuits.

My point is that music doesn't need images to be enhanced and the very notion of opera as the perfect form of an all encompassing art is totally foreign to me. I can hear operas on the radio or on DVD's but going to the theatre and see people dressed in fancy costumes and walking back and forth on the stage is a sure bet to spoil my day.  

Do I really need to watch these three people distorting their mouth in order to sing the Suave sia il vento part of Cosi fan tutte?

I know how rigorist my position is but hey, that's my position! Sounds are sounds, images are images and when the two are forced to cohabit, one of them takes the upper hand and the sight wins hands down  against the sound because it's our most vital sense and we cannot help seeing, watching, looking at everything that comes under our eyes. Just like children want to touch, we want to watch

How beautiful are the costumes and the setting! How interesting the mise en scène is! How I like the way this singer acts and embodies her role etc... And I can allow myself to look around in the concert hall and observe the audience and that strange looking man over there... Ooops... I've lost contact with the music. Well, never mind, we're in the opera house...

Well, I'm sorry but no. Each note has been carefully chosen by the composer and belongs to a sequence of sounds not to be thoughtlessly put aside for a moment of futile distraction.

The Aria of the Goldberg variations is sublime and any image would be a sacrilege against this music. Just in our world, someone has to exist in order to perform this divine piece.

Just close your eyes and listen to the music. Not only are images unnecessary, they're a disturbance and a desecration of music.

(Though I have to admit that being physically present where the music is being played allows for a perfect rendition of the sound. Like is the case with religious music for example)

20 commentaires:

Anijo a dit…

High level music you're providing here with Bud Powell.

Hope you're feeling better. Thinking too much about politics and all of the problems in the world can get one down. Take care. I send you a little bit of sunshine from New Mexico. I imagine you with a glass of cognac or some of that Rosé you showed me the other day and enjoying a bit of fine music.

Anijo a dit…

Check this out. You might like it.

Flocon a dit…

Merci pour le lien Anijo ☺

Actually I've got the flux, a mild one but nonetheless... Well, You know what it's like.

L'idée est venue, puis le titre mais je ne suis pas capable de mettre les choses en ordre en ce moment :-(

Cela ira mieux d'ici deux ou trois jours j'espère.

We very much need sunshine here in Paris...

Here is another piece by Bud Powell.

Anijo a dit…

Ah yes, alas, i know what it's like. May tomorrow, or hopefully before then, bring relief your way.

Thank you for the sample of Bud Powell weaving his beauty.

Anijo a dit…

cou cou Flocon,

J'espére que tout va bien avec toi.

Ned Ludd a dit…

Since the beginning of November, it has mostly been too cold and too overcast in Paris. I don't remember such a long period of depressing weather here.

Flocon a dit…


I've been sniffing and shivering for the last two days but I'm on my way back. Thanks for taking care ;-)

Flocon a dit…


I very much like your avatar which seems so atune with today's post.

The woman (she kinda looks like Sarah Bernhardt) wears an incredibly tight corset like the divas of the XIXth used to wear.

Not so sure about the weather. December was the coldest for the last 40 years (so they said) but January was so mild and sunny.

Froids, humides et pluvieux, tels sont les hivers en Europe du nord...

But wait Ned, aren't you one of those (like me) who wish there would be a global warming and it would be something positive for my frozen bones?

Anijo a dit…

My point is that music doesn't need images to be enhanced and the very notion of opera as the perfect form of an all encompassing art is totally foreign to me.

I understand what you're saying here and i can relate. And yet the vision of this beauty might change your mind. Still, if one closes ones eyes one still one hears the beauty.

Anijo a dit…

one still one hears the beauty.

or still sees the beauty? Well, either way, the beauty remains

Ned Ludd a dit…

Flocon, mon avatar est la chanteuse Polaire. C'est du début du 20e siècle. Elle était très populaire dans son temps et a écrit une autobiographie que je cherche dépuis longtemps. J'ai un CD avec les peu de ses chansons qui existe.

Flocon a dit…


Je n'ai pas reconnu Polaire mais ton avatar est tout de même approprié puisque c'était une chanteuse et qu'il est question de chant dans ce billet.

Je me souviens t'avoir donné le lien vers son autobiographie il y a quelques mois.

C'était sur le site qui lui est consacré.

Je vais essayer de le retrouver.

Here it is

Flocon a dit…


Je pensais intégrer un passage sur la cécité et la musique mais le billet -déjà long- l'aurait été encore davantage.

Il aurait pu y avoir cent vidéos différentes de Hendrix à Woodstock mais seule sa musique est unique.

We actually don't need to see anything to hear music. Now I agree, being part of a concert is an experience (are you experienced Anijo?) of the sentimental kind.

Didn't I go myself to see (I just saw a one inch tall figure in the distance) and hear Paul McCartney back in 1992? But, well, I admit, that was a kinda fetichist attitude from me. Human feebles.

Mais je reconnais que ma position dans ce billet est un peu "limite". Je me place dans la situation de l'aveugle qui ne peut voir quoi que ce soit et qui précisément est le plus à même de tout entendre dans les moindres nuances.

Yet do you need to see her to better appreciate (or not) her song?

Save for the cultural immersion of course.

Ned Ludd a dit…

Since this has been about music, I will add Pamela Kurstin playing the theremin. Don't worry, she explains it.

TED is one of the best sites on the net.

Flocon a dit…

L'instrument électronique qui m'est le "plus" familier ce sont les ondes Martenot, probablement parce que je les avais entendues ado avant de savoir ce qu'était le theremin.

Je croyais que les ondes Martenot avaient été utilisées dans Good Vibrations.

Voici Oraison d'Olivier Messiaen pour ondes Martenot.

Christine a dit…


Votre billet que je n'ai pu commenter pendant mon absence a suscité en moi bien des réflexions. Avec la réserve de ne pas avoir nécessairement compris toutes les subtilités de l'anglais - je ne le maîtrise pas suffisamment pour cela-, je ne comprends pas trop votre parti pris sur le fait que l'image détournerait l'auditeur de la musique. Comme s'il y avait un primat (une "pureté"?) de la musique. La musique ne serait pas faite pour être vue? Pourquoi des compositeurs se sont-ils lancés (et complu) à écrire des opéras? L'opéra est narratif et chacun a des représentations mentales (visuelles) des histoires qu'il lit ou qu'il entend. En quoi les mises en scène, les chanteurs, les décors nuiraient-ils à la musique? Je ne vous suis pas trop...

Je ne sais pas ce que vous vouliez exprimer avec le rapport cécité/musique: ce que je sais, pour avoir travaillé avec des enfants aveugles , c'est qu'il n'y a pas parmi eux plus d'individus doués ou réceptifs à la musique que parmi les autres ne souffrant pas de ce handicap.

Il y a des arts auxquels je suis insensible, vous savez et je ne cherche pas trop à établir une hiérarchie entre eux: j'avoue seulement qu'ils ne me touchent pas.

Flocon a dit…


"je ne comprends pas trop votre parti pris sur le fait que l'image détournerait l'auditeur de la musique"

Parce que c'est un parti pris en fait, mais pas seulement tout de même.

"Comme s'il y avait un primat (une "pureté"?) de la musique"

Je le crois en effet, mais c'est une opinion parmi d'autres.

"La musique ne serait pas faite pour être vue?"

Je ne crois pas non. Ai-je besoin de voir Sviatoslav Richter jouer? C'est bien son enregistrement qui m'a fait découvrir le Clavier bien tempéré sans que j'éprouve le besoin de voir quoi que ce soit.

J'ai découvert les quatuors à cordes à 20 ans (Debussy puis Ravel) et j'en ai lu les partitions. Que m'apporterait de les voir "exécutés" si ce n'est une meilleure qualité sonore, là j'en conviens.

"Pourquoi des compositeurs se sont-ils lancés (et complu) à écrire des opéras?"

On pourrait répondre que d'autres ne se sont pas intéressés à cette forme mais je m'en explique dans le billet : Je ne suis pas ouvert à ce concept de l'art intégral qui mêle le théâtre et la musique.

Je n'ai jamais vu Pélléas et Mélisande et je crois bien que l'enchantement que m'a apporté l'œuvre de Debussy à 20 ans encore n'aurait pas été ce qu'il fut si j'avais été assis dans une salle entouré de centaines de personnes, chacune d'entre elle m'étant une gêne en quelque sorte.

Même chose pour le Martyr de Sébastien et l'Enfance du Christ à cette même époque.

"En quoi les mises en scène, les chanteurs, les décors nuiraient-ils à la musique?"

Les éléments que vous citez ne nuisent pas à la musique mais bien à ma perception de celle-ci.
Parce qu'à mon sens ce sont des distractions pascaliennes qui nous détournent de l'essentiel.

Pour reprendre l'exemple que j'ai choisi d'Ariane à Naxos, je n'ai nul besoin de voir la dame un peu ronde entourée de jeunes gens en maillots de bains. Elle n'est là que parce qu'elle émet un son particulier, résultat de milliers d'heures de travail, de talent etc. mais ai-je besoin de voir sa voix?

Il en va de même pour le titre de jazz qui ouvre le billet. Seule une photo est disponible. Me manque-t-il quelque chose pour être séduit par Body and Soul?

Ai-je besoin au fond de voir l'onde sinusoïdale qui s'inscrit sur l'écran d'un oscilloscope? C'est le son que je veux entendre, je ne veux pas voir le son du piano, le son d'un orchestre ou le son qu'émettent les chanteurs/chanteuses de l'Orfeo de Monterverdi.

Je ne souhaite évidemment pas être aveugle mais ai-je besoin de voir quoi que ce soit dans un cloître cistercien pour écouter des chants grégoriens? Bien au contraire, cela me rattacherait à ce monde dont ces chants précisément d'une certaine façon me disent la vanité en me rappelant l'opposition augustinienne Cité des hommes/Cité de Dieu.

Je comprends tout à fait par ailleurs que l'on soit enthousiasmé par le spectacle opéra, il se trouve que ce n'est pas mon cas.

Flocon a dit…

(j'ai scindé pour éviter les problèmes inhérents aux longs commentaires qui peuvent disparaître d'un coup d'un seul)

Il se trouve que je connais le répertoire opéras encore moins que les autres donc il y a une composante défensive dans ma position.

Cela dit c'est peut-être parce qu'a priori je suis spontanément rétif au mélange des genres que je n'ai pas développé ma curiosité dans ce domaine.

Je me suis retrouvé, cela ne vous étonnera pas, dans l'analyse que fait Schopenhauer de la musique comme étant l'expression même de la Volonté. La musique à la limite, pourrait exister quand bien même le monde n'existerait pas.

Voici un lien (si vous en avez le courage) qui introduit à cette pensée.

"Schopenhauer écrit que la musique est expression du monde, plus encore, de l’être vrai des choses, de la réalité intime, en soi du monde, c’est-à-dire de la volonté."

Je conçois bien, car cela me concerne au premier chef, que le support narratif soit nécessaire pour retenir l'attention du spectateur/auditeur pendant les deux heures que peut durer un opéra. Il y a même un entr'acte tellement ce peut être lassant et pesant pour notre capacité d'absorption.

Qui sait? Peu-être un jour me prendrai-je de passion pour Idoménée ou le Chevalier à la rose?
Mais tout est toujours différent à l'opéra (mise en scène, chanteurs, décors, costumes etc.) quand seule la musique reste et c'est ce qui m'importe.

"Il y a des arts auxquels je suis insensible//.../ qu'ils ne me touchent pas."

Pareil! Et mon désir globalisant le regrette. Mais il faut faire avec ce que l'on est et ce qui nous parle "naturellement".

Dommage que votre commentateur (Chri) n'ait pas repris la balle au bond sur le billet que vous aviez consacré à Zazzo...

Christine a dit…

Je trouverai bien un moment pour lire ce que dit Schopen, dans le lien que vous avez eu la gentillesse de m'adresser. Je l'ai imprimé.

Vous savez, mon insensibilité à certaines formes d'art m'oblige rarement à en trouver les raisons: l'architecture me laisse de glace, la sculpture aussi. Je me dis que je n'ai probablement pas la forme d'esprit ni la sensibilité pour les apprécier. Je ne m'étonne pas qu'on s'extasie devant les sculptures de Germaine Richier ou les bâtiments de Le Corbusier: je m'étonne seulement de ne pas m'en extasier moi-même. Je me suis juste habituée à renoncer!
J'ai accepté d'aller visiter dans quinze jours la Villa Savoye à Paris; je ne vous cache pas que je tends le dos... mais bon, j'aurais essayé! Rires!

Flocon a dit…

Oui, enfin, le lien fourni est le seul qui m'ait paru un peu en rapport avec notre sujet mais je ne l'ai pas lu, c'est vous dire. Je l'ai parcouru pour retrouver certains passages.

L'esthétique de Schopenhauer se trouve dans le livre III du Monde et des Suppléments où il traite en particulier de l'architecture en de magnifiques pages.

Chaque forme d'expression artistique n'entraîne pas la même sensation de plaisir, chacune la sienne bien au contraire.

Il en est qui ressortent de l'émotion pure et d'autres de l'intellect comme l'architecture en particulier.

A chacun ses goûts et ses plaisirs (les plaisirs et les jours -pas lu-) et à quoi bon connaître le comment du pourquoi si ce n'est de façon anecdotique ou dans le cadre d'un travail personnel?

Je ne connaissais pas la Villa Savoye à Poissy, merci de m'avoir donné l'occasion d'aller encore m'informer chez mon ami.

N'oubliez pas votre appareil photo!