mardi 8 janvier 2008

Le doute est levé.



Il est des gens -dont je fais partie- qui parfois suspendent longtemps, très longtemps, trop longtemps bien sûr, leur jugement avant de savoir quelle est la vraie nature de leurs prochains. La tolérance dont les plus retords peuvent bénéficier semble être une réserve sans fin qui leur permet de masquer leur moralité jusqu'au moment où un mot, un geste, une occasion dévoilent aussi infailliblement qu'irrémédiablement à qui l'on a affaire.

Nicolas Sarkozy a, bien établie, une solide réputation de traître. Mais en politique, de quoi doit-on s'étonner? Que n'a t-on pas vu ou entendu? Mais ce que j'ai lu ici dépasse tout ce qu'on peut imaginer. C'était proprement inimaginable!

Au lendemain de son exercice de soumission "intellectuelle" et morale auprès du Congrès américain, se rendre sur la tombe du Général de Gaulle révèle en cynisme et en abjection ce qu'on ne croit possible que des pires petites… (le lecteur remplira de lui-même…).

Ce déplacement était prévu de longue date, et bien avant donc sa prestation de servilité à Washington. Quels peuvent en être la raison, le but, la signification? Quel message veut-il faire passer et à qui? Et à ce moment précis? Si ce n'est justement à l'Amérique à qui il dit: "voyez ce qu'il reste du gaullisme qui vous a tant chagriné." "Comptez sur moi" leur a t-il dit, "voyez le premier gage que je vous donne."

Mais peut-être n'y a t-il là que confirmation de ce que je pressens depuis quelques temps: Nicolas Sarkozy est dans l'ébriété du pouvoir enfin conquis: "Je fais ce que je veux, comme je veux, quand je veux parce que je le veux!" La revanche du petit chose que rien ne contiendra dans les déchaînements d'un ego qui aura attendu 50 ans avant de se donner enfin libre cours.

Cet aveuglement narcissique l'amène spontanément et en toute bonne foi à proclamer au monde entier: "Je suis un traître et je l'affiche car je me dévoile malgré moi tellement mon viscéral besoin de reconnaissance ne me retiendra de rien faire qui puisse servir mon ego éternellement affamé."

Peut-être est-ce la nausée qui a finalement fait fuir Cécilia?

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Moi qui hésitais toujours entre Nicoly Sarkoza et Nacolas Syrkozi, me voilà rasséréné : le "Petit chose" me plaît, je le garde, ça lui va comme un gant. Il a une tête de petit pion pète-sec, déjà vieux, ou plutôt qui a toujours été vieux. Et puis Daudet pour lui c'est sûrement de la grande littérature.

A mon avis, le pélerinage à Colombey, selon le Figaro, n'est pas complètement hors de propos. Saint De Gaulle ne peut que faire fantasmer ce petit bourge avec ses rêves de pauvre et son manque d'imagination. Il n'y a pas que du calcul politique et de l'hystérie gesticulatoire, là-dedans...

Il est allé demander la grâce, comme chez le pape. C'est cohérent. D'abord le goupillon, puis le glaive.

Etchdi

Anajo/Anijo/JoAnn a dit…

"Je fais ce que je veux, comme je veux, quand je veux parce que je le veux!"

On parle ici de Sarkozy ou de GWB? ;)

Flocon a dit…

Etchdi
"Il n'y a pas que du calcul politique et de l'hystérie gesticulatoire, là-dedans..."

Eh oui, le bonhomme est pain béni pour les amateurs de "psycho ce qu'on veut"... On y lit comme en un livre ouvert.

Ton parallèle "sabre et goupillon" offre une perspective particulièrement fertile.
Comme quoi un petit chose, quoi qu'il en ait, sera toujours en manque de l'onction paternelle, quelle qu'en soit la figure.
Il sera toujours en quête de l'adoubement qui le libèrerait.

Ca me donne une idée pour un billet (assez osé) sur l'attente de la reconnaissance de l'un par l'Autre, de l'Amérique par l'Europe.
Hmmm... c'est risqué... A voir...

ned a dit…

OT, aujourd'hui est le centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir.

Flocon a dit…

Your friend dad is welcome at Shall we talk? Joann .
It's just that his style isn't exactly sync. with mine... ;-)