Le 28 mars le Fondement de la morale, simple exposition d'un thème philosophique qui se voit donner une application réelle le 7 avril, et le 7 février les Frelons que le crash d'un avion polonais réactualise hier 10 avril.
l'État polonais décapité lit-on dans la presse. Toutes les chancelleries y vont de leurs messages obligés de condoléances.
Qui y avait-il dans l'avion? Le président de la République polonaise, Lech Kaczynski, le chef d'État-major de l'armée, quelques ministres, des familles des fusillés de Katyn et le personnel navigant bien sûr.
Bien triste, nos condoléances aux familles etc. bien sûr mais cela n'a d'autre importance que symbolique.
La course du monde n'en sera en rien altérée, cela n'affecte nullement la vie quotidienne de personne hormis les familles des victimes.
Les drapeaux européens sont mis en berne à Bruxelles, on ne peut faire moins mais 99% des Européens ne sont pas concernés. Alors les Chinois, les Indiens ou les Brésiliens...
Tout ce personnel politique disparu est interchangeable comme on le verra puisque il y aura une nouvelle élection présidentielle comme il y en aurait eu une de toute façon un peu plus tard, il y aura un jeu de chaises musicales au sein de l'État-major de l'armée, donc de la promotion pour quelques uns. Tout le monde ne sera pas perdant et même au sein des instances dirigeantes de l'UE cet accident d'avion peut faciliter les choses.
Je rappelle le billet sur les frelons parce qu'aucun des dignitaires disparus n'était en rien unique et indispensable à la Pologne. Ce qui ne serait pas le cas s'il s'était agi d'un joueur de foot espagnol ou brésilien, d'un artiste, d'un scientifique ou d'une personnalité qui, elle, aurait été irremplaçable.
Prenons l'exemple de l'Iran : le chef d'État- major de l'armée est tué dans un accident d'avion : il est remplacé dans l'heure qui suit. Par contre si c'est le physicien responsable des projets nucléaires du pays il ne se remplacera pas dans l'heure qui suit puisqu'il est unique comme l'était Korolev pour l'URSS dans les années 50.
Un décès prématuré de Korolev aurait été une véritable catastrophe pour l'URSS mais la disparition de Lech Kaczynski, même pour la Pologne...
On peut comprendre le choc pour les Polonais vu le contexte historique mais cela ne concerne qu'eux et cela ne changera rien à leur niveau de vie, leurs emplois, la croissance ou le taux de chômage non plus que la politique extérieure de la Pologne.
Bon, ils organisent veillées, prières, cérémonies religieuses et autres divertissements. C'est bien, ça leur permet d'exorciser leurs affects...
Pour mémoire, c'est le même Kaczynsky (à moins que ce ne soit son frère jumeau) qui était venu prier la Vierge Marie lors d'un accident de car transportant des pèlerins polonais (26 morts) en route vers un lieu de culte dans le sud de la France il y a 3 ans...
C'est dire combien était indispensable à la Pologne son président de la République.
Il n'en aurait certainement pas été de même si Lech Walesa avait été tué en 1980. Lui, alors, était irremplaçable et indispensable. Ce n'était pas un frelon mais un ouvrier électricien.
Mais Kaczynski, quelques ministres et dirigeants militaires... Aucune importance, ne serait-ce que par comparaison avec l'élimination des cadres de l'armée polonaise en 1940.











